1. Arrondir les angles, de Dominique HOUARD.- Tableau réalisé à la peinture à l'huile, sur toile au format 50x50cm.

1. Arrondir les angles, de Dominique HOUARD.- Tableau réalisé à la peinture à l’huile, sur toile au format 50x50cm.

Vous réalisez des œuvres figuratives en deux dimensions sur toile avec la technique de la peinture. Etes-vous autodidacte ou disposez-vous d’une formation ?
Effectivement, je suis autodidacte… Mon seul diplôme est celui que j’ai reçu de la part de la Société des Pastellistes de France qui m’a nommée Maître Pastelliste en 2015.

Depuis quand pratiquez-vous la peinture, qu’est-ce qui vous a amenée à la découvrir ?
J’ai toujours dessiné d’aussi loin que je me souvienne. J’y ai vraiment consacré tout mon temps depuis 1993. Tout d’abord au pastel sec, qui est mon médium de prédilection. La peinture à l’huile n’est venue que bien après en 2000, après que mon Maître Jacques POIRIER m’y ait fortement encouragée. Je me suis donc lancée dans cette aventure, un peu toute seule, avec deux de ses conseils : « On peint gras sur maigre, et ne lis pas de livres de technique. La peinture, c’est comme la cuisine : chacun sa recette ! » Avec ses mots dans ma besace, j’ai tracé ma route, au ressenti… A l’instinct…

2. Toutankamion, de Dominique HOUARD.- Oeuvre réalisée au pastel sec, au format 86x60cm.

2. Toutankamion, de Dominique HOUARD.- Oeuvre réalisée au pastel sec, au format 86x60cm.

Vous réalisez des trompe-l’œil sur toile, donc avec un rendu très réaliste. Pourquoi cette direction en particulier ?
Le trompe-l’œil s’est imposé comme une évidence, cela correspond parfaitement à mon goût personnel pour les détails, la recherche de la perfection… Il comble également mon besoin de dessiner, et sur un autre plan, le fait de peindre des objets, de les mettre en scène me permet de « jouer avec les mots », de « les faire parler ». D’ailleurs, l’un de mes amis dit de moi que je suis une « peintre raconteuse d’histoires ». Le trompe-l’œil est initialement un genre pictural présent dès l’Antiquité et qui prend son essor à la Renaissance.

Comment vous situez-vous par rapport à cela ? Quel(s) différence(s), distance, rapport ou au contraire continuité ?
Travailler cette technique ancestrale est un honneur pour moi, elle fait partie des fondamentaux de la peinture, de l’art en général ! D’ailleurs, elle est toujours d’actualité, même si elle est peu travaillée du fait de sa complexité et du temps d’exécution. Des artistes la pratiquent en lui apportant toute la modernité qu’elle mérite. L’on voit que vous convoquez des éléments actuels, relevant majoritairement de l’univers de l’enfance et donnant une atmosphère très ludique et amusante.

3. Dominique HOUARD posant avec une reproduction du tableau Enigme réalisée par la ville de Feytiat, photographie de Denis HOUARD.

Pourquoi cet univers ?
Il est vrai que j’utilise beaucoup d’objets ou des objets anciens. J’ai besoin de savoir qu’ils ont vécu, qu’ils ont une âme. J’ai également envie de pouvoir raconter quelque chose, que mes tableaux parlent à ceux qui les regardent, et c’est sans doute une façon de nourrir cette petite fille qui vit encore en moi. La vie est déjà assez difficile comme cela. J’ai envie d’humour, de sourires, de légèreté….alors tout cela, j’essaie de le mettre dans mes tableaux.

Dessinez-vous à partir d’une composition que vous faîtes avec de vrais objets ?
Pour chaque tableau, je réalise au préalable une composition. Il est absolument nécessaire pour moi d’avoir tous les objets sous les yeux, avec leurs textures propres à chacun, ainsi que les ombres, les lumières. C’est à cette condition que je peux en faire le dessin, avant de le retranscrire sur la toile ou sur le pastel card, et enfin de le faire vivre en couleur.

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Photographie d’illustration prise par Denis HOUARD.