1. New York Streets, de Corelia Roche.- 2008.- Acrylique, encre, carton, papier marouflé sur toile, au format 114×146cm.

1. New York Streets, de Corelia ROCHÉ.- 2008.- Oeuvre réalisée avec acrylique, encre, carton et papier marouflé, sur toile au format 114×146cm.

Corelia ROCHÉ a hérité de la fibre artistique de son grand-père Henri-Pierre ROCHÉ, marchand d’art et écrivain dont le roman Jules et Jim a été adapté en film par François TRUFFAUT en 1962. Après avoir effectué des études de cinéma, elle réalise plusieurs castings et travaille au sein d’une petite troupe de théâtre, la compagnie Pierre CHABERT. Mais encouragée par un ami, c’est finalement dans la peinture qu’elle va s’épanouir.
« Artiste plasticienne contemporaine instinctive », elle recherche avant tout le travail de la matière. Ses œuvres reposent sur la sélection minutieuse d’objets qu’elle détourne, accumule et assemble. Brutes, spontanées, outsiders, singulières, figurations libres… Les qualificatifs ne manquent pas lorsqu’il s’agit de les décrire. Mais ce serait aller contre sa démarche que d’essayer de classer son art dans un genre ou un mouvement. Pour Corelia, il est liberté et intuition. Sa démarche est avant tout personnelle : son travail ne repose pas sur la création d’une œuvre pour quelqu’un, mais constitue davantage une expression de son être. Ainsi, son processus créatif s’ancre dans un vécu émotionnel et imaginaire. Il s’agit de créer suivant l’expression spontanée de ses émotions. Elle ne souhaite pas entrer dans une démarche d’analyse et de réflexion mais veut faire place à l’inconscient et à l’instinct. Et c’est au travers de cette spontanéité que va pouvoir se manifester sa vérité intérieure.

2. Secouez-vous !, de Corelia ROCHE.– 2015.- Oeuvre réalisée avec jouets, acrylique et colle sur toile, au format 20×20cm.

2. Secouez-vous !, de Corelia ROCHÉ.– 2015.- Oeuvre réalisée avec jouets, peinture acrylique et colle, sur toile au format 20×20cm.

En effet, les réalisations de Corelia ROCHÉ véhiculent des émotions au travers du travail de la matière, des couleurs et des assemblages. L’œuvre ne dépend pas seulement de sa technique mais surtout de sa capacité à les déclencher. Il s’agit d’une vision du monde où transparaissent des thèmes comme l’identité, la mutation, la mélancolie. Le spectateur peut s’identifier face à ces universelles. La liberté, au centre de son processus créatif, se manifeste également dans le choix des techniques et des matériaux. A commencer par le collage : l’artiste découpe, froisse, déchire, dessine et peint, tout en jouant avec les matières et les motifs. Face à un besoin d’expression, celui-ci permet la libre association d’idées. Autodidacte, elle a également expérimenté bien d’autres techniques au cours de ses vingt années de peinture (pastel, huile sur papier, encre sur papier, ponçage, dessin, peinture, marouflage, etc.). Expérience voulue ou accident, toute expérimentation la nourrit et fait évoluer son travail.
Par les objets, mots, graphismes et symboles entremêlés, les œuvres sont traversées par le mouvement et semblent pleines de vie. Le spectateur fait face à des univers variés, très riches et colorés, à l’image de la série emblématique des jouets, qui vont constituer sa matière première et vont permettre la création en trois dimensions. Après avoir choisi la pièce maîtresse, un jouet parmi la multitude qu’elle a collecté et chiné, Corelia amasse, enchevêtre et assemble les jouets qu’elle peint et colle. Toutes ses pièces sont ainsi retravaillées. Les couleurs vives foisonnent et contribuent à créer l’émotion. Ces objets qu’elle détourne vont constituer « un miroir dans lequel on peut s’identifier ». Intemporels, ils sont « le reflet de l’âme humaine ».
Dans une autre série regroupant des collages, le thème de la ville apparait à plusieurs reprises et constitue une source d’inspiration. Corelia ROCHÉ « transforme la ville à travers le filtre de son imagination ». Ainsi est né City Boum, un condensé de toutes les villes du monde.

3. Le Kiko sort du pot, de Corelia ROCHE.– 2015.- Oeuvre réalisée avec peintures acrylique et huile, sur toile au format 50×65cm.

3. Le Kiko sort du pot, de Corelia ROCHÉ.– 2015.- Oeuvre réalisée avec peintures acrylique et huile, sur toile au format 50×65cm.

L’art constitue un questionnement et une quête de soi. Les œuvres reflètent l’évolution et les remises en question de leur créatrice. Ainsi depuis 2019, alors qu’elle traverse une période de doutes, Corelia ROCHÉ entreprend de créer une série de monochromes blancs. L’artiste appréhende un nouvel univers et d’autres émotions : « Je pénètre dans le blanc comme on marche dans la neige, avec délectation ».
Enfin, il faut inévitablement évoquer son personnage le Kiko (ou Petit en argentin) qui apparait régulièrement au sein de ses œuvres. Surnom attribué à son grand-père Rodolfo ALCORTA, Kiko constitue aussi son bonhomme fétiche et sa marque de fabrique. Il réside dans la ville City Boum.
Corelia ROCHÉ a exposé ses œuvres tant en France qu’à l’étranger (Brooklyn, Buenos Aires). En juin 2020, elle a reçu la cotation AkounElle est un membre actif des collectifs d’artistes du Ventre de la Baleine et El colectivo. Il est aujourd’hui possible et fortement recommandé d’aller voir ses réalisations installées dans la galerie d’art Sur les routes du Médoc (33). Nous la retrouverons également à la galerie Autour de l’image (69) dans une exposition collective qui tiendra lieu du 12 septembre au 24 octobre 2020 à Lyon 2ème. Elle y présentera une série de dessins en petits formats sur le thème « Kiko confiné et Kiko déconfiné »Les spectateurs curieux ne manqueront pas d’être agréablement surpris par ses créations vivantes et originales.

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Photographie d’illustration de l’article de Laurent GRENAUD.