En prélude de l’exposition Man Ray au Musée Cantini à Marseille, des portraits s’imposent à nous. Notre regard est immédiatement capté par ces figures féminines, des modèles sublimés et un esthétisme à vous couper le souffle. Sur le rebord d’une ancienne cheminée, une carte de visite de l’artiste Romain BOURILLON avec un inattendu smiley en coin. Voici donc l’auteur de ces portraits pleins de caractère, de charme, de sensibilité et de mystère.

1. The Fruit's Silence, par Romain BOURILLON.- Noves, 2018.- Photographie digitale en couleur.

1. The Fruit’s Silence, par Romain BOURILLON.- Noves, 2018.- Photographie digitale en couleur.

A 19 ans, Romain BOURILLON a déjà une vie bien remplie. Photographe de mode, il poursuit ses études à l’établissement Saint Joseph les Maristes à Marseille. Il est toujours intéressant de voir de quelle manière une passion, puis un métier, entrent dans la vie d’un artiste. Dans son cas, ce fut un appareil photo Canon appartenant à sa mère qui le mit sur le chemin de la photographie. Après s’être intéressé à la nature et aux paysages, il évolue vers la photo de mode et le portrait à l’âge de 15 ans. Il nous révèle certaines de ses sources d’inspiration : « Je me réfère essentiellement aux livres, je me constitue des archives liées à l’imagerie des années 90. Guy BOURDIN pour l’utilisation des couleurs et compositions. Des maquillages où le blush est très présent. Un design, une architecture, une peinture peuvent être sources d’inspiration. »

2. Lilas, par Romain BOURILLON.- Noves, 2018.- Photographie digitale en noir et blanc.

2. Lilas, par Romain BOURILLON.- Noves, 2018.- Photographie digitale en noir et blanc.

En novembre 2018, une aventure se présente à lui lorsque le Musée Cantini contacte son lycée. Préparant une rétrospective sur Man RAY, le musée et le Château Borély décident de travailler à ses côtés : « Ils ont trouvé un lien entre son travail et le mien. Spécialement la solarisation que l’on trouve chez celui-ci et que je traite en post-prod. » Pari réussi. En observant les photographies de Romain BOURILLON dans le cadre de l’exposition, ce lien apparaît comme une évidence. Ses photographies nous emmènent dans un monde où l’esthétique est maîtresse. Nous nous laissons volontiers guider parmi ces portraits envoûtants, tandis que The fruit’s silence (Image 2) nous ravit par son graphisme et sa spontanéité. Nous retrouvons d’ailleurs cet élan sur son compte Instagram @ROMNBN. La jeunesse et la fraîcheur de ses prises nous invitent à revisiter les couleurs vives qui habitent notre monde.

3. Amertume, par Romain BOURILLON.- Salin de Giraud, 2017.- Photographie digitale en noir et blanc prise au Musée Cantini durant la rétrospective de Man Ray.

3. Amertume, par Romain BOURILLON.- Salin de Giraud, 2017.- Photographie digitale en noir et blanc prise au Musée Cantini durant la rétrospective de Man RAY.

Loin d’être un novice, Romain BOURILLON est déjà entré dans le monde de la mode en réalisant les éditoriaux de PhotoVogue Italie, Kodd et Féroce. Attiré par les possibilités d’évolution de la photographie, le jeune artiste est prêt à se lancer dans de nouveaux projets. Il nous fait part de sa ligne directrice : « Je suis dans une phase où mon travail est uniquement esthétique, il est prévu dans un autre temps que j’aborde des sujets plus spécifiques liés à des questionnements de société. » De quoi attiser notre curiosité !

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