Juliette Dupuis

Juliette Dupuis

1. Les Funérailles, par Juliette DUPUIS.- Le Petit-Palais, Paris, 2016.- Photographie digitale issue de la série Intégration en Cours au format 70x50cm.

1. Les Funérailles, par Juliette DUPUIS.- Le Petit-Palais, Paris, 2016.- Photographie digitale issue de la série Intégration en cours au format 70x50cm.

Juliette DUPUIS est une photographe qui ressent ses images. Cette jeune parisienne âgée de vingt-cinq ans se passionne depuis petite pour l’art de la photographie, qu’elle développe réellement pendant l’adolescence. Après le bac, elle quitte son Vercors natal pour l’étudier à l’école de Condé et à l’école Bloo. L’abstrait d’un désir de faire de sa passion son métier devient tout à coup concret : « J’ai voulu devenir photographe même si je ne savais pas du tout ce que ça voulait dire à l’époque ». Après l’école, Juliette DUPUIS part pour Paris et s’engage dans un service civique pour l’accueil des réfugiés. De cette expérience qui l’a beaucoup touchée découle un de ses documentaires photos, Intégration en cours. Exposée il y a deux ans dans un bar parisien puis l’année dernière à la Galerie du Studio de la Plage à Marseille, cette série lui a été inspirée par les activités proposées aux réfugiés : « On allait beaucoup dans les musées et je trouvais très beau de les prendre en photo dans cet univers ». Très attachée à l’humain, Juliette DUPUIS s’intéresse à la psychologie, au développement personnel, et accorde une importance particulière à faire ressortir l’humanité dans ses projets. L’une des photographies qui l’a le plus marquée (Image 2) montre d’ailleurs son attachement à l’histoire qui peut entourer l’image : « C’est la photo d’un homme d’une cinquantaine d’années dont la demande d’asile était en cours, et il adorait l’art. Il ne savait pas du tout parler français ni anglais. Il était incroyable car parfois il me montrait des tableaux et j’arrivais quand même à comprendre ce qu’il me disait, avec les gestes. Une fois on est allés au Louvre et je l’ai pris en train de regarder un tableau, un peu pensif. C’est une image que j’aime beaucoup. En soi peut-être qu’elle n’est pas incroyable, mais le moment a fait que pour moi elle l’est. »

2. Fauzy, par Juliette Dupuis.- Musée du Louvre, Paris, 2016.- Photographie digitale issue de la série Intégration en Cours au format 60x40cm.

2. Fauzy, par Juliette Dupuis.- Musée du Louvre, Paris, 2016.- Photographie digitale issue de la série Intégration en cours au format 60x40cm.

Photographe est pour Juliette son « deuxième métier » mais elle compte bien réussir à en vivre exclusivement un jour. Après des études dans le management culturel « pour travailler dans l’associatif », elle est aujourd’hui chargée de partenariats. Elle travaille en ce moment pour Action contre la faim, ayant pour but de créer des partenariats avec des chefs cuisiniers. Avec l’humain comme ligne directrice, Juliette DUPUIS traite de sujets assez différents, en témoigne Mosquitoes. « Pour la fin de mes études j’ai documenté la jeunesse, notamment celle engagée, qui regroupait dans le monde entier des jeunes de 16 à 25 ans ». Elle a également participé au projet L’être à mon corps initié par Louise MARTIN (à découvrir également sur PausArt) qui répondait aux valeurs qu’elle souhaite véhiculer dans son travail de photographe et qui fait écho à sa propre expérience « Tout correspondait à mon parcours. J’ai moi-même, comme beaucoup de femmes je pense, eu des rapports compliqués avec mon corps, et je trouvais ça super cette thérapie de lui écrire ». Les deux jeunes femmes se sont rencontrées au gré d’événements et ont décidé d’allier leurs talents respectifs pour une partie de ce projet : « J’ai été très touchée qu’elle me choisisse pour en être la photographe parce qu’il est très beau ». Les séances photo ont été une réussite, autant pour le rendu final que pour le côté humain : « La majorité des personnes ne s’étaient jamais fait prendre en photo, elles étaient timides face à l’objectif, et n’aimaient pas forcément leur corps. Elles commençaient souvent les séances en disant ne pas être photogéniques et au final toutes étaient très satisfaites parce que c’était aussi une thérapie en soi, en plus de la lettre ». La photo comme thérapie, comme miroir bienveillant, mais aussi parfois comme dénonciation des travers de notre société.

3. Photographie pour l'illustration d'un texte du projet L'être à mon corps de Louise MARTIN, par Juliette DUPUIS ; Modèle : Lou VALSE.- 07/2017.- Photographie digitale.

3. Photographie pour le projet L’être à mon corps de Louise MARTIN, prise par Juliette DUPUIS ; Modèle : Lou VALSE.- Grenoble, 2018.- Photographie digitale.

Les réalisations émergentes de Juliette DUPUIS aborderont des thèmes très présents dans l’actualité sociale de ces derniers temps ; l’écologie et les femmes victimes de violences. Si ces projets n’en sont encore qu’à leur prémice et que l’artiste souhaite prendre son temps avant d’en dévoiler toutes les composantes, le sujet est lui, d’ores et déjà fixé : « Le documentaire sur les femmes victimes de violences portera sur l’après. J’ai toujours été très touchée par elles. Il y a beaucoup de choses qu’on ne dit pas sur elles, notamment les traumatismes qu’elles subissent après, parce que c’est réellement un traumatisme de vie ». Si l »artiste devait définir son style photographique, ce serait « probablement un mélange entre la photographie documentaire basique, des contres plongées et quasiment tout le temps un format paysage même pour un portrait ». Un style bien à elle qu’elle mélange avec cette dose essentielle d’humanité qui la caractérise, car les photos ce sont des images mais aussi des vies, des parcours, des moments marquants ou des situations anodines. En délicate observatrice de son environnement, Juliette DUPUIS s’attache à porter des documentaires qui font écho à ses valeurs, et à ne pas seulement être une ombre derrière un appareil photo mais elle-même à travers ses projets.

Suivre Juliette DUPUIS : 

Bérangère DUQUENNE
berangere80200@hotmail.fr