Isabelle Anselot

Isabelle Anselot

L’élégance n’a pas de frontières. Isabelle ANSELOT est styliste et développe son activité dans un domaine bien précis : celui du manteau d’intérieur. Ce vêtement, qu’elle décrit comme une « accolade sur nos épaules », se porte lors d’un séjour à l’hôtel où il rappelle le cocon d’un intérieur connu dans lequel on se sent bien.

1. Manteaux d'intérieurs conçus par Isabelle ANSELOT ; Photographe : Sara HAU.- Château Du Landin, 05/2018.- Modèles de la collection Adventurous Spirit.

1. Manteaux d’intérieurs conçus par Isabelle ANSELOT ; Photographe : Sara HAU.- Château Du Landin, 05/2018.- Modèles de la collection Adventurous Spirit.

« Je voulais développer le concept du vivre à l’hôtel comme à la maisonIl y avait dans ce type d’établissement des espaces piscine ou spa qui se développaient, et j’étais attristée de voir que dans un aussi beau décor, dans des lieux où on était là pour le bien-être et pour prendre soin de soi, on était mal habillé. Le client a besoin de se sentir comme une personne qui a de l’importance. Il faut faire attention à l’individu, et pas uniquement au fauteuil qu’on lui présente, à la tapisserie qu’on met dans sa chambre ou à ce qu’on lui sert dans son assiette. » Prendre soin de soi, dans une ambiance à la fois décontractée et raffinée, sous des touchers de soie précieuse, de coton réconfortant ou de cachemire délicat, c’est une invitation à la volupté et au ravissement qu’Isabelle ANSELOT propose à travers ses créations. Mais aussi au voyage. Inspirés par le caftan d’Asie orientale et le kimono japonais, ses manteaux d’intérieurs content chacun une histoire. Présentés sous la forme de mini-série, elle les imagine au gré de ses inspirations : « Je pars sur un thème, soit dans l’air du temps soit parce que lors d’un voyage j’ai vu une couleur, une forme ou un tableau qui m’a séduite ». Adventurous spirit, J’irai la nuit sur le soleil pour ne pas me brûler (reprise d’une phrase anglaise d’Edith SITWELL) , Venice Shanghai, chacun nous plonge dans un univers, et a sa propre histoire, « semblable à l’image d’un marin qui donne à voir sur son corps tatoué l’horizon parcouru » . Les manteaux d’intérieurs deviennent des œuvres d’art mouvantes sous les doigts de la styliste. Pas de cadre ni de socle, mais une œuvre d’art du quotidien, qui enveloppe et protège.

2. Exposition The Other Art Fair, photographie d'Isabelle ANSELOT.- Londres, 2016.

2. Exposition The Other Art Fair, photographie d’Isabelle ANSELOT.- Londres, 2016.

Isabelle ANSELOT a choisi le monde du luxe pour « le travail bien fait », pour ne pas « être dans la surconsommation » et pour prendre le temps, mais aussi pour ce que cela implique de raffinement et d’élégance. Pour elle, être styliste, c’est aussi s’inscrire dans un héritage féminin. En fine connaisseuse de son patrimoine, elle cite Aline DALLIER POPPER, historienne de l’art, qui avance le fait que les travaux d’aiguilles font historiquement parti de la vie des femmes.

Une tradition qui a participé à faire sortir celles-ci de leur foyer et à reconnaître le talent d’une couturière ou d’une styliste, et c’est de cette lignée que se revendique Isabelle. L’héritage, elle le tient aussi de son nom. Une histoire l’entoure, elle pourrait débuter par « Il était une fois sur les mers » et être racontée par Shéhérazade dans une mille et deuxième nuit. C’est celle d’un homme de Tolesna, quittant le port de Lorient pour naviguer vers les Indes. Mais une mauvaise aventure le contraint à changer de nom, il choisit pour nouvelle identité l’anagramme Anselot. Ce Simbad des mers, pour qui la liberté était l’unique boussole, inspire toujours Isabelle, qui explore les tissus comme on explore le monde. En artiste complète, elle possède plusieurs cordes à son arc. Elle n’a pas toujours été styliste et c’est aussi ce qui fait sa force. Véritable touche-à-tout, elle a côtoyé le milieu du théâtre et du cinéma en tant que costumière et décoratrice, la peinture, la tapisserie et l’écriture font aussi partie de sa vie. Elle jongle entre ses passions, en fonction de ses envies : « Il y a des moments où je ressens une nécessité de passer d’un domaine à un autre ». De ses nombreuses expériences peuvent sortir des anecdotes toutes plus incroyables les unes que les autres. Comme celle qui l’a amenée à la poésie : « J’avais contacté Sarane ALEXANDRIAN qui était le créateur de la revue surréaliste Supérieur Inconnu parce que j’étais passionnée de surréalisme. Il m’a reçu et il m’a dit « Vous faites de la peinture ? » J’ai dit oui et je lui ai montré ce que je faisais. Il m’a répondu : « Bon alors vous allez m’écrire des poésies sur les chaussures » car dans mes premiers tableaux il y en avait beaucoup. C’est comme ça qu’a commencé notre collaboration ».

3. Salon Maison & Objet, photographie d'ULGADOR.- Janvier 2018.- Vêtement d'image pour le décorateur ULGADOR.

3. Salon Maison & Objet, photographie d’ULGADOR.- Janvier 2018.- Vêtement d’image pour le décorateur ULGADOR.

Parmi toutes ces histoires du passé, Isabelle ANSELOT n’en oublie pas néanmoins de se tourner vers le futur. Elle exposera au mois de février l’une de ses tapisseries lors d’une exposition au Grand Palais à Paris. Elle se lance également dans la création de peignoirs pour enrichir sa gamme de vêtements d’intérieur, et ambitionne d’étendre son art à l’international, peut-être vers l’Orient, comme un retour aux sources et une certaine ouverture à d’autres cultures : « Ils ont une autre philosophie, une autre façon de voir le monde qui me séduit également ».

C’est donc entre l’élégance à la française et l’inspiration du monde qu’Isabelle ANSELOT se compose et compose ses œuvres. Ses manteaux d’intérieur sont une invitation au voyage, une plongée poétique, où les tissus si savamment composés prennent la forme d’œuvres par le regard délicat de l’artiste qui les confectionne.

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Bérangère DUQUENNE
berangere80200@hotmail.fr