Marie Bugnon

Marie Bugnon

Marie BUGNON s’apprête à débuter ce 4 octobre une tournée des scènes pour la démonstration d’une création contemporaine du Ballet du Nord (Roubaix), Adolescent. Premier contrat professionnel pour cette jeune danseuse. Elle nous en dit plus sur son parcours et sa vision de l’avenir.

1. Marie BUGNON photographiée par Loriane CATELOY-ROSE.- 03/2019.- Photographie digitale.

1. Marie BUGNON photographiée par Loriane CATELOY-ROSE.- 03/2019.- Photographie digitale.

Bonjour Marie ! Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Bonjour. Je m’appelle Marie BUGNON, je viens d’avoir 18 ans et je suis danseuse, encore en formation. Je suis originaire d’Arras.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours en danse ?
Il est encore court car je suis jeune ! J’ai appris la danse à l’école Artistik Studio à Arras, en loisir. Je n’ai pas encore eu le temps de faire une formation complète. J’ai fait beaucoup de stages pour explorer le plus de de styles possibles, auprès de professeurs différents, pour trouver mon identité et ce qui me plait. Je pense que c’est l’énergie du jazz qui me correspond le plus, mais en ce moment je travaille sur du contemporain, ça me change. J’essaie de faire de tout.

Et qu’en est-il de vos études ?
J’ai obtenu un Bac Littéraire mention très bien en juin dernier, et j’ai décidé de me consacrer maintenant uniquement à la danse. Je vais rentrer en formation à l’AID (Académie Internationale de la Danse) à Paris pour me former à la scène et pour préparer le DE (Diplôme d’Etat).

Vous avez passé l’EAT (Examen d’Aptitude Technique, indispensable pour le DE) en plus du baccalauréat, c’est plutôt risqué ! Pourquoi ce choix ?
J’ai obtenu mon EAT en jazz cette année. C’était dur de tout gérer et je me suis mis beaucoup de pression, mais je voulais le passer rapidement pour ne plus y revenir plus tard. C’est une bonne chose de faite ! L’EAT est une grosse étape, qui demande en général un an de préparation, et dont la plupart des formations sont payantes. Je l’ai passé en candidat libre, j’ai tout préparé toute seule, grâce à ma professeure de danse qui m’a prêté sa salle tous les samedis. J’ai également fait un stage avec la chorégraphe de la variation imposée pour revoir la chorégraphie en profondeur. L’EAT, c’est un gage de confiance pour les chorégraphes, je pense que c’est une étape importante à ne pas négliger. Ça permet de prouver qu’on a les bases techniques.

2. Visuel de la création chorégraphique Adolescents, par le Ballet du Nord.- 2019.

2. Visuel de la création chorégraphique Adolescents, par le Ballet du Nord.- 2019.

Vous travaillez actuellement en création, pouvez-vous nous en dire plus ?
C’est une pièce qui s’appelle Adolescent, mise en scène par le chorégraphe Sylvain GROUD en collaboration avec la plasticienne Françoise PETROVITCH qui travaille la figure de l’adolescent de manière abstraite. Le principe de la création est de s’inspirer de ses peintures pour les danser. On est cinq danseuses et cinq danseurs avec chacun son identité, et l’un des objectifs est de nous faire conserver cette identité qui nous est propre. Le but final, c’est de faire retomber le spectateur dans un sentiment de nostalgie, qu’il revienne à son adolescence. Pour cela, on doit nous-même interpréter la nôtre, et le chorégraphe nous laisse beaucoup de libertés. La pièce interroge le corps et l’esprit des adolescents. Je suis la plus jeune, un peu le « bébé » de la compagnie ! Pour moi, c’est un premier contrat professionnel. Ça me plonge dans le monde du travail, ça me montre la création. Première fois également que je vais danser dans une compagnie professionnelle, devant un public d’initiés. Ça fait beaucoup de première fois ! Les autres danseurs viennent de formations très différentes, de conservatoires notamment, et les sept semaines de création qu’a nécessité la pièce nous ont beaucoup apportées.

Comment avez-vous été amenée à participer à cette création au Ballet du Nord ?
C’est ma mère qui a vu l’avis d’audition en décembre dernier. Au début, je n’y pensais pas car j’avais beaucoup de choses à gérer, entre le bac et l’EAT. J’ai quand même envoyé ma candidature, je n’y croyais pas alors je me suis dit « Pourquoi pas ? », et j’ai été appelée à passer l’audition. J’ai finalement été prise. Je suis donc « artiste chorégraphique », on travaille tous ensemble sur la pièce, sur les mouvements du chorégraphe et on est amenés à apporter notre contribution, c’est une première expérience géniale.

En tant que jeune danseuse, qu’est-ce que cela représente de faire partie d’une création comme celle-ci ?
J’ai le sentiment d’avoir encore beaucoup à apprendre. Je suis très contente d’avoir cette occasion, mais je ne me sens pas prête ni techniquement, ni artistiquement à poursuivre ensuite directement dans le monde professionnel. C’est complètement fou ! Je ne m’y attendais pas. Je crois que je ne me rends même pas encore complètement compte, parce qu’on n’est pas encore montés sur scène.

3. Marie BUGNON photographiée par Eric MORELLE.- 03/2019.- Photographie digitale.

3. Marie BUGNON photographiée par Eric MORELLE.- 03/2019.- Photographie digitale.

Qu’envisagez-vous pour la suite ?
Je commence l’AID dès la fin du projet Adolescent. J’aurai des cours de classique, de contemporain et de jazz, et je serai également formée à la technique du Graham. Je vais suivre le cursus de comédie musicale, ce qui implique aussi des cours de chant et de théâtre. Je compte y rester un an pour parfaire ma technique, et travailler avec les professeurs de l’école qui sont géniaux. Mais ensuite, je souhaite me développer, sortir du commercial et découvrir encore. En parallèle, je vais commencer les cours réguliers avec Sabrina LONIS, des cours open, faire beaucoup de stages et même en donner ! Partager, voir comment les gens interprètent mes mouvements, c’est super intéressant pour ma formation.

Quels sont vos rêves ?
Je n’ai pas d’objectifs précis. Je compte déjà finir de me former et me sentir prête. Je pense partir en freelance, passer des auditions et enchaîner les contrats. Je ne souhaite pas m’enfermer tout de suite dans une compagnie. Je souhaite travailler et explorer plusieurs styles, pourquoi pas partir à l’étranger. Quand je serai plus vieille, je pense enseigner, c’est une direction qui me plairait. C’est pour ça que je commence dès maintenant à passer les composantes du DE. Mais ça, c’est à beaucoup plus long terme. Maintenant, j’ai vraiment envie de profiter. Avant le lycée, je n’avais pas vraiment l’idée de faire de la danse mon métier. Faire ça toute ma vie, ça paraissait dingue. C’est au lycée que l’idée s’est intensifiée. Ce premier contrat, ça m’a permis de me dire que c’était possible. Ça me conforte également dans l’optique qu’il faut kiffer et foncer, et que rien n’est impossible. Pourtant, c’est dur de se lancer seule dans un monde inconnu, mes parents aussi ont peur. Mais vivre de sa passion, c’est génial. Il faut juste réussir à se faire confiance.

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Louise Chevillard
louiise.chevillard@gmail.com