Joakim Lorca

Joakim Lorca

Joakim LORCA est danseur et chorégraphe. Passionné, il tourne son travail vers l’Autre, pour partager ses expériences au plus grand nombre. Découvrez son personnage.

1. Joakim LORCA lors d'une représentation du spectacle Orgueil(s), par BabXIII.- 12/2018.- Photographie digitale.

1. Joakim LORCA lors d’une représentation du spectacle Orgueil(s), par BabXIII.- 12/2018.- Photographie digitale.

Bonjour Joakim ! Pouvez-vous vous présenter ?
Bonjour ! Je m’appelle Joakim LORCA, je suis chorégraphe et à l’origine de la compagnie JKL, installée à Dreux en Eure-et-Loir. En tant que directeur artistique, mon travail est un subtil mélange entre l’administration et la création. J’ai toujours beaucoup de choses à faire, mais j’ai un bureau d’accompagnement à Tours, La Belle Orange, et une association à Dreux qui m’aide. Mon boulot, c’est de concevoir des projets, les vendre aux théâtres, solliciter des coproductions dans les Centres Chorégraphiques Nationaux et Centres de Développement Chorégraphique Nationaux. La compagnie s’est montée en 2010, mais en parallèle j’avais encore beaucoup de projets personnels, donc je ne l’ai pas développé tout de suite. J’ai commencé à m’y consacrer vraiment en 2016, mais je conservais encore mon métier de danseur. C’est tout récemment que je m’y consacre exclusivement en tant que chorégraphe.

Quelle est votre formation et votre parcours ?
J’ai fait une formation de danseur, au Conservatoire National Supérieur de Danse de Paris en option contemporain entre 18 et 21 ans, puis j’ai eu une carrière de danseur. J’ai fait beaucoup de choses différentes : danseur dans des films (Agathe Cléry d’Etienne CHATILIEZ et Le Bal des actrices réalisé par Maïwenn), des comédies musicales (Le Roi Soleil), dans différentes compagnies (Angelin PREJLOCAJ, Christian UBL, Nasser MARTIN-GOUSSET ou encore Karine SAPORTA), dans l’événementiel. A un moment donné, j’ai eu envie de monter mes propres projets. J’ai créé Le Cénacle en 2010 avec quatre danseurs, pour le jeune public, puis Gourmandise(s) en 2016, un duo jeune public, et enfin Orgueil(s) en 2018, un solo dont je suis à la fois le chorégraphe et l’interprète.

Quels sont vos projets actuels ?
Actuellement, le spectacle Orgueil(s) est en cours de diffusion. Je travaille également sur d’autres créations. Mais à côté, je réalise des projets de territoire, comme la Bee Running Dance de l’Atelier à Spectacle de Vernouillet (28). Je crée une chorégraphie avec des amateurs, c’est une sorte de parade dansante, une déambulation citoyenne. La Bee Running, « Comme une abeille ». Tout le monde est le bienvenu, il y a des entraînements à l’Atelier régulièrement. La finalité sera en 2020. Je participe également à des projets de médiation culturelle dans des collèges autour de Gourmandise(s), et bientôt des projets d’éducation artistique autour d’une pièce, Colère(s)… Je veux faire un test avec les collégiens. Le but est de continuer mes créations autour des sept péchés.

2. Joakim LORCA sur la chorégraphie de Pénitents.- 2012.- Photographie digitale.

2. Joakim LORCA sur la chorégraphie de Pénitents.- 2012.- Photographie digitale.

Justement, le thème des sept péchés revient toujours, pourquoi ?
J’aime bien faire des choses complètement différentes à chaque fois. Partir d’un cadre de création et y inclure tout ce qui m’intéresse, toucher beaucoup de choses, beaucoup de monde. Le thème des sept péchés me permet cela car il est très large. Il touche beaucoup de choses, et amène à beaucoup de réflexion et de philosophie. Je ne les conceptualise pas en tant que tel, mais je me base sur leur perception dans le monde. Je vais sur Google, et j’explore les images. J’essaie de me nourrir autour de ces péchés, cela représente beaucoup de recherche et de documentation en dehors de toute créativité, mais ce sont des moments essentiels. Le temps passé en studio est finalement très court, par rapport à la réflexion en elle-même, environ 20%. Car les sept péchés reviennent souvent, surtout en publicité et dans les médias. C’est un cycle de sept créations, j’ai l’idée d’en faire une huitième sur l’expiation. J’en ferai peut-être mon oeuvre. Mais peut-être aussi que je ne le terminerai pas. En tous cas, j’ai déjà des idées.

Quels sont donc vos projets futurs ?
Dans la continuité des créations, Paresse vient, c’est un trio avec Nasser MARTIN-GOUSSET et Bastien LEFEVRE. J’ai un projet qui s’appelle Envie, avec des femmes de quartiers de Vernouillet, Dreux et Mainvillier (28). C’est un projet de territoire avec des amatrices, qui s’inscrit dans mon travail sur les péchés. Mais je reste ouvert à d’autres projets, comme la Bee Running Dance, les ateliers d’éducation artistique…

Quels sont les objectifs de la Compagnie JKL ?
Je me pose souvent la question : comment faire en sorte que la danse soit accessible au plus grand nombre ? D’aller au-delà de se payer des cours de danse ? En faisant des ateliers, je touche les intéressés, mais avec des projets de territoire dans des quartiers, je touche une autre population qui n’est pas forcément initiée. Ce n’est pas évident de faire venir du monde, je propose, mais c’est un combat. Il y a besoin d’artistes pour toucher ces gens-là. Le projet Envie, pour le peu de femmes qui n’auront jamais participé à un atelier de danse, c’est un grand pas. On partage autour des expériences de chacun, pour montrer que la danse c’est aussi un métier. C’est enrichissant pour nous tous. Les projets dans les collèges, c’est similaire. Ce n’est pas facile de proposer une activité sous la contrainte, car les élèves sont obligés d’être là, et ils n’ont pas toujours tous envie : comment faire en sorte de les intéresser ? C’est un questionnement et un combat. Certains sont très motivés, d’autres pas du tout, il faut réussir à les attraper. Tout ça pose la question de la place de la danse et de la culture dans notre société. La compagnie a un objectif humain. Tout est une question d’échange et de partage. On cherche à faire comprendre qu’on est là pour apprendre mais surtout pour s’amuser. C’est l’intérêt de la danse. Tout ça m’apporte de l’expérience, car je n’avais pas l’habitude du partage. A chaque fois, à chaque nouveaux élèves, ce sont des nouvelles expériences. C’est un challenge d’intéresser trente personnes. Quel est l’intérêt ? C’est un réel questionnement. Je ne sais pas toujours si je vais pouvoir faire quelque chose de ce qu’on a produit. Je ne ferai peut-être pas ça éternellement, mais je continue tant que ça apporte à moi comme à eux.

3. Joakim LORCA lors d'une représentation du spectacle Orgueil(s), par BabXIII.- 12/2018.- Photographie digitale.

3. Joakim LORCA lors d’une représentation du spectacle Orgueil(s), par BabXIII.- 12/2018.- Photographie digitale.

Avez-vous un style pour caractériser vos créations ?
Je n’ai aucune zone de confort. Je me suis nourri de beaucoup de choses différentes dans ma formation et ma carrière : le cirque, le classique, les claquettes, le contemporain, la danse de caractère. Ce qui m’intéresse, c’est le côté pluridisciplinaire, multiculturel de la danse. S’il faut intégrer une variation classique dans une création contemporaine, je le fais sans souci. Je puise dans tout ce que je connais.
Ne pas me limiter en terme de technique, ça me permet aussi de faire des pièces avec des amateurs, avec des corps sans techniques. Et ça me plaît.

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Louise Chevillard
louiise.chevillard@gmail.com