Fiona Kelly

Fiona Kelly

Si Fiona KELLY se définit avant tout comme une conteuse d’histoires, elle est également une artiste engagée. A travers ses œuvres, c’est notre rapport à l’environnement, construit et naturel, qu’elle interroge.

1. The Distillation Of Detritus, par Fiona KELLY.- 2015.- Béton reconstitué, calcaire en croûte, verre pilé, palette en bois, gazon en plaques, roulettes.

1. The Distillation Of Detritus, par Fiona KELLY.- 2015.- Installation réalisée avec du béton, de la poussière de calcaire, des bandes de gazon, du verre pilé, une palette en bois et des roulettes.

Née et élevée à Westmeath, Fiona KELLY a été témoin du boom immobilier qui frappe l’Irlande entre 1999 et 2007. En moyenne 75 000 maisons étaient construites chaque année, le nombre de crédits accordés explosait. Ceci ne pouvant durer, un krach des prix frappa l’Irlande en 2009, provoquant une crise économique à l’échelle du pays. Aujourd’hui une part non négligeable de maisons neuves sont inoccupées, tandis que d’autres, situées en milieu rural ou en zones suburbaines, sont inachevées. Chaque voyage que l’artiste a effectué par la suite à travers le monde, en Chine, aux États-Unis ou en Finlande, constituait des preuves supplémentaires du mépris de l’Homme pour l’environnement. Les métamorphoses indéfectibles des paysages, sources de pollution et de dégradation des espaces naturels, n’étaient pas un problème local mais mondial.

2. Future Forests, par Fiona KELLY.- 2018.- Eau-forte et aquatique, au format 60x80cm

2. Future Forests, par Fiona KELLY.- 2018.- Eau-forte et aquatinte, au format 60x80cm

A travers son travail Fiona KELLY nous rappelle que l’œuvre de l’Homme est, comme toute chose, vouée à se détériorer. Par la représentation de ruines, d’objets abandonnés et d’édifices érodés envahis par une nature résurgente, elle illustre le phénomène d’entropie, affirmant ainsi la répétition constante et cyclique de la décomposition et de la renaissance. Les matériaux de construction et déchets industriels, récoltés sur des sites désaffectés, sont ainsi au centre de son travail, à la fois comme support et comme sujet. La poussière de calcaire forme ainsi des fresques murales et les planches de contreplaqués des tableaux imprimés au goudron. Elle donne alors une autre vie, une nouvelle histoire à ces objets du quotidien mis au rebut.
Les paysages, observés durant ses longues promenades en ville ou en pleine nature, inspirent son travail. Armée d’un appareil photo et d’un carnet, elle consigne et archive chaque détail, chaque élément attirant son attention. Elle se nourrit également des œuvres d’artistes et d’auteurs tels Robert SMITHSON et Lucy LIPPARD, pionniers dans la défense de la cause environnementale.

3. The Great Heap, par Fiona KELLY.- 2017.- Sérigraphie Bitume sur Ply Birch, bois récupéré, au format 4400mmx2400mmx1200mm.

3. The Great Heap, par Fiona KELLY.- 2017.- Sérigraphie au goudron sur planches de contreplaqué, au format 4400mmx2400mmx1200mm.

Une fois l’idée germée, s’ensuit une longue période d’études, où l’œuvre est représentée sous toutes ses faces. Chaque réalisation impose une technique : eau-forte, dessin, sculpture, vidéo, photographie, installation… La favorite de Fiona KELLY reste toutefois la gravure. Elle en apprécie le processus et le rendu graphique. C’est une technique qu’elle a par ailleurs très souvent enseigné auprès d’adultes et d’enfants, au sein des principales institutions artistiques de Cork (Cork Printmakers, Glucksman Gallery, Crawford College of Art). Elle a ainsi accompagné, en 2018, plusieurs classes de primaire dans la création de lithographies abordant les questions climatiques et environnementales, dans le cadre du projet The Classroom Museum porté par la Glucksman Gallery. Elle prendra également la parole à la National Gallery of Ireland, en avril 2019, pour accompagner l’exposition Making their Mark: Irish Painter-Etchers 1880-1930, consacrée à la gravure contemporaine.
Exposées dans le monde entier, les œuvres de Fiona KELLY sont aujourd’hui visibles dans de nombreuses institutions publiques comme privées, telles que l’University College et l’Institute of Technology de Cork ou encore la Jyväskylä Museum of Art de Finlande.

Suivre Fiona KELLY:

 

Rachel Chenu
rachel.pausart@gmail.com