Sebastiaan FRANCO

Sebastiaan FRANCO

1. Photographie extraite de la série Seraing, par Sebastiaan FRANCO.-

1. Photographie extraite de la série Seraing, par Sebastiaan FRANCO.- 2014.

Sebastiaan FRANCO ne jure que par l’humain. Ce qui doit primer dans ses photographies ? La sincérité. L’artiste définit son style artistique comme « documentaire très classique » : « J‘aime beaucoup les gens et j’ai toujours senti que les photographes documentaires classiques étaient les meilleurs pour les capturer de manière très touchante. » Ce jeune photographe belge pour qui l’école était un fardeau a finalement trouvé sa voie dans un milieu moins conventionnel et plus artistique : « Je n’aurais jamais vraiment pensé à cela car il n’y avait personne dans ma famille proche qui s’intéressaità l’art ou à la culture à ce niveau, donc c’était un peu étrange pour moi ». Il intègre finalement l’école d’art de Genk, où il pratique le cinéma et la photographie. L’appel de cette dernière est si fort qu’il décide de s’y consacrer pleinement, notamment en intégrant le campus bruxellois Narafi puis l’Académie Royale des Beaux-Arts de Gand. C’est lors de son cursus scolaire que sont réalisés certains de ses clichés comme ceux de la série Seraing (Image 1), sûrement la plus connude son œuvre. Elle illustre le vague à l’âme des habitants de cette petite ville belge où l’expression des visages abîmés par la dure réalité du quotidien côtoie les paysages industrialisés et déserts. C’est « l’idée d’identité communautaire et collective » qui a fasciné l’artiste. C’est aussi cette idée qui ressort du projet pour lequel il travaille actuellement. Dans An Lucht Siùil (Image 2), qui peut être traduit par The walking peopleSebastiaan FRANCO s’intéresse à la vie d’une communauté nomade irlandaise souvent marginalisée : « L’idée est de montrer comment un groupe tente de conserver son identité collective dans une société où il est contraint de s’installer mais où il n’est pas vraiment le bienvenu. J’essaie de comprendre la dynamique de ce groupe social qui est en ce moment discriminé, en tant que minorité ethnique, plus que toutes les autres. Ce projet sera un journal visuel des deux années passées avec les familles Collins et Keenan sur leurs sites. »

2. Photographie extraite de la série An Lucht Siùil, par Sebastiaan FRANCO.

2. Photographie extraite de la série An Lucht Siùil, par Sebastiaan FRANCO.- 2018.

Aller sur le terrain, photographier sur le vif, s’adapter aux conditions, c’est aussi ce qui fait l’âme de ses projets. Et quand un imprévu lumineux fait son apparition, l’artiste n’hésite pas à bousculer ses habitudes. Pour De Derde Helft, le noir et blanc s’invite car les conditions étaient « peu claires ». Mais la couleur reste son grand amour : « Rétrospectivement, j’estime que le noir et blanc est une option facile qui apporte instantanément plus de drame à vos images, mais je suis toujours très satisfait du résultat. En ce moment, je préfère travailler en couleur, cependant c’était une bonne chose de faire toute une série en noir et blanc. » Dans son œuvre, aucune image solitaire à l’horizon, aucun cliché dénué de partenaires,… Sebastiaan FRANCO préfère le collectif, la continuité, en réalisant uniquement des séries de photographies. « Je veux raconter une histoire. Lorsque je commence un projet, j’ai le besoin de me plonger pleinement dans mon sujet, de l’apprendre autant que possible et d’établir de bonnes relations avec les personnes qui travaillent avec moi. L’aspect social est très important dans mon approche photographique et je pense que travailler en série pendant une période prolongée me donne une réelle perspicacité ». Les histoires sont aussi ce qui fait qu’une photographie le marque plus qu’une autre. « Il y a au moins une photo qui m’est plus chère que les autres dans chaque série que j’ai faite, pour la simple raison qu’il y a une histoire amusante derrière. Dans la série Seraing par exemple, je suis très attaché à celle du gars avec sa Porsche après avoir visité le bordel. C‘était très tôt un dimanche matin, il n’aimait pas vraiment se faire photographier et nous avons voulu sortir de la rue le plus rapidement possible avant de découvrir qu’il s’agissait d’une impasse ».

3. Photographie extraite de la série De Derde Helft, par Sebastiaan FRANCO.

3. Photographie extraite de la série De Derde Helft, par Sebastiaan FRANCO.- 2016.

Son inspiration, il la trouve dans un mouvement qui correspond parfaitement aux idées qu’il veut véhiculer : le Nouveau Journalisme. Une alliance de faits et d’art, un message avec une forme particulière. D’ailleurs, Sebastiaan FRANCO accompagne ses séries d’un court texte explicatif. « Je ne mettrais pas une description ou quoi que ce soit sous chaque photo car je crois qu’une image peut parler d’elle-même, c’est juste une manière de faire passer l’idée générale pour que le spectateur soit plus enclin à comprendre ce que vous lui dites ». Ses voyages l’inspirent également : « Voyager a un impact sur mon travail et ma façon de voir les choses. Partir pendant un certain temps, que ce soit pour rentrer un peu chez moi ou pour partir à l’étranger, me laisse un regard neuf. » Le voyage comme source d’inspiration photographique ou la photographie comme source de motivation au voyage. Ou la photographie comme moyen « de se plonger dans d’autres mondes et d’en faire partie sans en faire réellement partie ».

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Bérangère DUQUENNE
berangere80200@hotmail.fr


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