Maaya J

Maaya J

1. Tatouage Femme japonaise, par Maaya J.- 12/2017.

1. Tatouage Femme japonaise, par Maaya J.- 12/2017.

Maaya J est une artiste tatoueuse marseillaise, qui encre les peaux de ses clients depuis plus d’un an Chez Rita dans le quartier du Panier. Ce concept store atypique propose à ses clients un service de restauration, de brocante et de tatouage au sein d’un même lieu. C’est le salon de tatouage L’Encre Noire qui se cache au cœur de cette boutique où le travail de quatre artistes-tatoueurs est à découvrir : Laurent Z et son équipe, Maaya J, Hugo GOON, et Marion KALIMERIS. L’idée première étant d’ouvrir la pratique du tatouage à des personnes curieuses venant pour chiner des objets vintages ou se restaurer après une balade dans ce quartier célèbre.
Spécialisée dans le tatouage néo japonais, Maaya J a commencé à tatouer en même temps que l’ouverture de la boutique marseillaise. Le tatouage n’est pourtant pas une passion nouvelle pour elle mais plutôt un intérêt qui remonte à sa jeunesse. Évoluant depuis très longtemps dans le monde de l’art, dessinatrice depuis son enfance, elle commence par devenir styliste pendant cinq ans. Après sa rencontre avec Laurent Z, qui assurera par la suite son apprentissage, elle décide de tout abandonner pour se lancer dans le métier de tatoueuse. Passionnée par la culture japonaise qu’elle remet au goût du jour, son style prend racine dans l’univers du Manga et mêle de nombreuses inspirations.

Interview de Maaya J, tatoueuse et résidente à L’encre Noire Marseille

2. Portrait de Maaya J., par Leeloo Do.- 03/2018.

2. Portrait de Maaya J, par Leeloo Do.- 03/2018.

Comment s’est déroulé ton apprentissage du métier ?
Au départ, on ne fait que regarder et apprendre la théorie. Il faut énormément d’observation avant de pouvoir passer à la pratique. Parallèlement, on s’entraîne beaucoup au dessin puisque l’on apprend rapidement qu’ils ne peuvent pas tous s’adapter en tatouage, il existe certaines contraintes. Il faut dès lors savoir adapter ses créations à la pratique. L’apprentissage passe également par la connaissance de la culture tattoo. C’est un point qui n’est pas négligeable. Tout comme l’artiste se doit de connaître l’histoire de l’art, le tatoueur doit au préalable apprendre les évolutions de la pratique artistique du tatouage. Il existe en effet de nombreux courants dans le monde du tatouage comme le old school, new school ou encore le tatouage néo traditionnel, qui sont trois mouvements très différents.
Puis, petit à petit, on s’entraîne sur soi, sur les proches et les copains. Bien évidemment, je considère que je suis toujours en apprentissage : un tatoueur ne s’arrête jamais d’apprendre tout au long de sa carrière. Maintenant que je maîtrise le blackwork (tatouage noir & blanc ndlr), j’apprends surtout à développer l’utilisation de la couleur tout en poussant ma technique au fur et à mesure. A chaque nouvel apprentissage, mes dessins s’adaptent à ces nouvelles connaissances techniques faisant évoluer mon style en permanence. Travailler la couleur est vraiment passionnant, on se rapproche de ce que l’on peut retrouver en peinture, c’est beaucoup plus instinctif que technique à mon sens.

Qu’est ce qui te plait le plus dans la pratique du tatouage ?
Marquer les gens c’est assez dingue. Quand on prend conscience que l’on est en train d’encrer les personnes à vie c’est une sensation unique. Au début surtout c’est vraiment intense même si l’adrénaline s’estompe au bout d’un moment. Cela dit, on retrouve vite cette sensation du début lorsqu’il y a des enjeux : présenter une pièce en convention pour un concours par exemple.
Le fait qu’il y ait de plus en plus d’artistes-tatoueurs aujourd’hui nous donne l’occasion de pouvoir se consacrer à son style et tatouer exclusivement ce que l’on aime. Je fais énormément de flashs (création unique réalisée par le tatoueur et proposée aux clients généralement sur les réseaux sociaux. Il a l’avantage de permettre aux tatoueurs de proposer leurs envies et d’inspirer les clients ndlr) et c’est un luxe pour un artiste.
Les gens sont de moins en moins réticents à considérer la pratique du tatouage comme une pratique artistique à part entière, surtout dans la génération actuelle. Dans la pratique du tatouage il faut savoir faire la part des choses, il y a de réels artistes qui se distinguent : des illustrateurs qui proposent des choses complètement personnelles ; des tatoueurs réalistes, qui eux reproduisent une photo ou un modèle très précis, tout l’enjeu se trouve dans la maîtrise des ombres et des lumières pour retranscrire fidèlement ce modèle dans la peau. Le tatouage est une pratique particulièrement vaste qui permet de réaliser énormément de choses différentes, c’est ce qui le rend passionnant à mon sens.

Quelles techniques utilises-tu pour réaliser tes dessins ?
La plupart du temps je reste traditionnellement au crayon et au feutre. Pour tout ce qui est patterns géométriques j’utilise l’ordinateur. Beaucoup de tatoueurs utilisent des tablettes pour dessiner, c’est une autre technique qui a l’avantage d’être plus rapide.

Comment travailles-tu tes projets avec les clients ?
Quand un client vient discuter avec nous d’un projet, il s’avère souvent flou dans sa tête. C’est à nous de mettre sur le papier ce qu’il imagine sous sa peau. Alors on dessine, on essaye de comprendre, on propose nos idées. Cela devient alors un travail en collaboration avec le client pour arriver au dessin final. Il peut y avoir énormément de modifications surtout quand le futur tatoué n’a pas d’idée précise. Il est souvent difficile de mettre les bons mots sur une demande. En général on demande un maximum de photos à titre d’exemple pour que le projet soit fidèle à leur imagination. J’ai tout de même la chance d’avoir des clients qui respectent le style de mes créations. On reste un street shop à Marseille, dans un endroit touristique, on propose beaucoup de flashs et si on me demande une typographie je la fais même si ce n’est pas ma spécialité. J’ai la chance d’avoir des clients très ouverts, alors quand je trouve que le projet proposé n’est pas très moderne c’est à moi de les orienter et de les conseiller pour améliorer un projet classique.
Si j’avais carte blanche aujourd’hui pour réaliser un projet avec un client, j’adorerais réaliser une très grosse pièce florale avec une forme au milieu comme un serpent, tout ce que j’adore dessiner en somme. Ce genre de projet apporte de nouveaux enjeux et une certaine adrénaline qui nous fait adorer ce métier.

3. Tatouage Pivoine, par Mayaa J.- 02/2018.

3. Tatouage Pivoine, par Mayaa J.- 02/2018.

Si vous souhaitez la retrouver, Maaya J sera présente à plusieurs conventions ces prochains mois : à Montpellier (4,5 et 6 mai 2018) et à Ajaccio (26 et 27 mai 2018). Une opportunité pour les artistes tatoueurs de rencontrer des tatoueurs et tatoués d’ailleurs.

Suivre Maaya J :

Violette Martin
violette.vm@gmail.com


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