Vincent Bloch

Vincent Bloch

Interview de Vincent BLOCH, photographe professionnel dakarois. 

1. Sans titre, par Vincent BLOCH ; Modèle : Jennyfer.- 01/2017.- Photographie numérique.

1. Sans titre, par Vincent BLOCH ; Modèle : Jennyfer.- 01/2017.- Photographie numérique.

Vous êtes photographe professionnel. En quoi consiste exactement cette activité ?
Je suis photographe professionnel depuis 20 ans, et directeur artistique. Pour gagner ma vie, je réalise principalement des visuels pour la publicité, et des photos corporate. Parallèlement je développe des projets persos, comme des expositions photo. J’ai toujours eu comme spécialité de photographier des gens noirs et pendant 15 ans à Paris je me suis heurté à un marché frileux de représenter cette minorité. La presse française spécialisée afro carribean est un peu ringarde, la publicité et la presse mode françaises sont tacitement racistes.

Comment avez-vous débuté dans ce milieu ?
Je travaille dans le milieu de la photo depuis 25 ans. Au début pour payer mes études aux Beaux-Arts, je bossais à temps partiel dans des rédactions de magazines ou des agences de presse comme archiviste. Et d’opportunités en opportunités, j’ai eu un apprentissage de toute la chaîne graphique.

Qu’est-ce qui vous a plu dans le fait de photographier ?
C’est un long apprentissage, un processus en constante évolution, j’essaye de rester toujours curieux de tout ! Je m’approprie ce monde qui nous entoure, afin de mieux le comprendre. J’explique parfois, que la réalité de ce monde m’ennuie et que l’art la rend plus supportable.

La photographie est-elle pour vous plus une passion qu’un travail ou l’inverse ?
C’est avant tout une passion. Que cela me rapporte de l’argent ou pas c’est ce que je veux faire chaque matin en me levant.

Vous avez travaillé sur l’affiche de la série Diamond house ou encore sur une publicité pour les huiles Baobab. Avez-vous été démarché ou avez-vous démarcher ?
Pour l’affiche de Diamond House j’ai répondu à une demande de l’agence de pub dakaroise Caractère. Pour les huiles Baobab, j’ai rencontré le client en direct.

2. Publicité pour la marque de beurre Sofia, par Vincent BLOCH ; Directeur artistique : Olivier LOPEZ, Styliste : Corinne LECOMTE ZAHUI, Maquilleuse : Adjara KANE LEYE.- 09/2015.- Photographie numérique réalisée pour l'agence de communication Caractère.

2. Publicité pour la marque de beurre Sofia, par Vincent BLOCH ; Directeur artistique : Olivier LOPEZ, Styliste : Corinne LECOMTE ZAHUI, Maquilleuse : Adjara KANE LEYE.- 09/2015.- Photographie numérique réalisée pour l’agence de communication Caractère.

Pourquoi cette envie de retoucher vos images ?
Aujourd’hui avec le numérique, je conçois la photo comme un tube de peinture et Photoshop comme un pinceau. Je compose mes images comme un peintre le fait, avec même parfois des esquisses préparatoires.

Avec quel matériel les capturez-vous ?
Aujourd’hui je travaille en Canon avec un 5D MarkII. J’ai fait mes armes en traditionnel argentique sur des appareils 24×36 Nikon ou Canon ou en moyen format 6×7. Depuis 10 ans j’ai basculé au tout numérique.

Que tenez-vous à laisser transparaître au travers de votre travail ?
J’y met un peu de poésie, d’onirisme, de fantaisie, de sensualité, de l’humour, du décalage, de l’impertinence, de la pertinence, c’est très variable. Après ce que les gens y trouvent…?!

Un exemple de projet auquel vous avez participé ?
J’ai exposé pendant le sommet de la Francophonie ici à Dakar en décembre 2014 sous l’égide de l’ONG WWF. Ma thématique était celle des changements climatiques.

Pouvez-vous en dire plus sur Dakar 2148 ?
C’est un thème que je développe depuis trois ans. Où je donne à voir une image d’anticipation de ce que pourrait devenir Dakar en 2148. C’est de la science-fiction, dans laquelle s’inscrivent des messages sur certains enjeux écologique, pour lesquels une prise de conscience aujourd’hui serait nécessaire.

3. Car Super Rapide, transport hors du commun de l'an 2148 au Sénégal, par Vincent BLOCH.- 10/2016.- Photographie numérique.

3. Car Super Rapide, transport hors du commun de l’an 2148 au Sénégal, par Vincent BLOCH.- 10/2016.- Photographie numérique.

Comment choisissez-vous vos modèles, les éléments de paysages que vous photographiez ?
J’écoute mon instinct. Au fil de la vie et de mes rencontres, certains physiques et personnalités m’inspirent. Les paysages que je photographie sont le plus souvent exempt de gens. Et c’est numériquement que la rencontre humain/paysage se fait en montage. C’est dans un souci de contrôle de mon image que je procède ainsi. C’est une technique répandue dans le montage photo.

Vous peignez aussi sur toile.
Je peins sur toile depuis 20 ans au moins. Ma peinture est figurative, et ma technique mixte. Acrylique, collage, écriture, aérosol,… Je peins des portraits de femmes noires. Sujet récurrent dans ma vie.

Des projets et expositions à venir ?
Je pense exposer cette année à la biennale de Dakar.

Vous vivez à Dakar, mais vous arrive-t-il de travailler en France ?
J’ai encore quelques clients en France, mais du fait de mon éloignement ils me sollicitent beaucoup moins.

Suivre Vincent BLOCH :

Jane Valude
janevalude@gmail.com

Administratrice et rédactrice en chef du site PausArt.



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