Goulven Labat

Goulven Labat

1. 24 10 2017, par Goulven LABAT.- 10/2017.- Illustration extraite de la série 365.

1. 24.10.17, par Goulven LABAT.- 10/2017.- Illustration extraite de la série 365.

Dessiner est pour Goulven LABAT un moyen de s’exprimer sans les mots, de communiquer des pensées sans se mettre en avant. Il s’exerce en autodidactie dès l’enfance, et au fil du temps veut vivre de cette passion. Il intègre ainsi une filière littéraire avec option Arts plastiques au lycée puis un BTS Edition, graphisme, publicité pour pouvoir se diriger vers une pratique professionnelle de son art. Au terme de ces années d’études, il s’inscrit à la Maison des artistes et acquiert le statut d’auto-entrepreneur dans le domaine des arts graphiques et plastiques. Il réalise alors divers travaux de commandes pour en vivre. Cette activité ne fonctionne pas comme il le voudrait, le milieu de la publicité qu’il découvre complètement cynique lui déplaît. « J’ai commencé à dessiner enfant et ça a toujours été un plaisir. Grâce à cette expérience, j’ai compris que je ne voulais pas vivre de mon art. » Il choisit finalement de cumuler les petits boulots avant d’obtenir un emploi stable à l’Université de Nantes en 2016, ce qui lui permet de pratiquer artistiquement comme il le veut et en conservant sa liberté. A l’instar de certains groupes punks qu’il découvre à l’adolescence et qui inspirent toujours l’artiste, faisant de la musique sans chercher à en vivre.
Lors d’une pause des mois de juin à décembre 2016 dans sa pratique artistique, il repense à une résolution prise deux ans plus tôt ; celle de réaliser un dessin par jour durant un an. De là naît le projet 365, dont la série des Illustrés noirs était un prélude.

2. 18.06.17 et 09.07.17, par Goulven LABAT.- 2017.- Illustrations extraites de la série 365.

Pour 365, Goulven LABAT souhaite initialement produire quotidiennement une illustration réaliste liée à ce qu’il a vu ou ressenti dans sa journée. L’idée évolue rapidement, laissant également place aux reproductions de visuels extraits de films ou de banques d’images libres de droit. Son thème de prédilection, le plus visible dans 365, est l’humain dans les moments de « calme au milieu ou après la tempête », au milieu d’ambiances festives et rock’n roll. « Dans la fête, quand tout le monde s’amuse, est un peu saoul, il y a toujours un instant où d’un coup tu n’es plus dans cette ambiance, tu es un peu triste ou déconnecté (Image 2). C’est ce moment que j’aime saisir et représenter. » Les sujets sont alors le plus souvent photographiés avant d’être reproduits, parfois dessinés de mémoire.

Lorsqu’il retransmet sur le papier une scène de film, Goulven LABAT livre une vision plus qu’une représentation. « Il ne s’agit pas de faire un hommage ou une référence au film, juste d’en montrer des petits moments que tout le monde a vécu, comme le lever (Image 3). » Les dessins d’animaux, que l’on croise également dans 365, font écho à l’un de ses anciens projets, Simius Sapiens ou Le singe qui pense, réillustration des pages d’une édition de La divine comédie de DANTES. L’artiste est fasciné par les singes, « des êtres dotés d’une vraie intelligence et extrêmement proches de nous, avec des émotions semblables aux nôtres. On se reconnaît beaucoup dans leurs facies (Image 2). Je vois une version primaire de l’homme dans le singe, comme dans le punk avec ces mots martelés qui vont réveiller des émotions en nous. Le singe c’est un peu l’homme mais sans le culturel qu’on s’est construit derrière. »

3. 23.06.17, par Goulven LABAT.- 06/2017.- Illustration extraite de la série 365.

C’est à la pierre noire que Goulven LABAT réalise l’essentiel de ses illustrations. « J’ai essayé l’acrylique, l’aquarelle,… Mais ce que je préfère je crois c’est la « matière crayon », celle que je trouve dans la pierre noire et le crayon de couleur. Je peux l’étaler, jouer avec. » L’artiste tient dans 365 à livrer un dessin techniquement abouti malgré la contrainte du temps, et y consacre en moyenne 1h30 par jour. « J’aime bien faire dans la précision, presque du travail d’orfèvre. Il faut être précis et minutieux à certains endroits particulièrement, pour diriger le regard du spectateur. »
Goulven LABAT n’essaie pas de respecter les codes d’un mouvement artistique, mais analyse son lien avec le réalisme. « Je suis attaché au romantisme, qui je pense a créé les artistes et ouvert à l’art moderne. Les romantiques expriment des émotions – Saturne dévorant son enfant de GOYA par exemple est une vraie vision d’horreur – mais conservent la qualité picturale et sont donc moins réalistes. Le réalisme propose une vision objective et simple de la vie contemporaine, accessible à tous, et c’est là où je le rejoins, les sujets que je traite étant souvent en lien avec la vie de tous les jours. »
L’artiste peut aujourd’hui tirer un bilan plutôt positif de 365, projet abouti et réussi qui lui aura redonner l’envie de pratiquer avec rigueur. « 365 ça a été six premiers mois géniaux en terme de progression, un projet qui m’a ouvert des portes et permis de recommencer à pratiquer. Ça me fait un bien fou, je ne passe jamais ma journée à rien faire et produis quelque chose. Il y a la reconnaissance des gens aussi. Mais passés ces six mois l’envie était certains jours moins présente. J’ai envie de passer à autre chose maintenant. Je vais faire un peu moins de dessins mais y consacrer plus de temps, à partir de photos originales. Et plus de couleurs peut-être. » La publication quotidienne de chacune de ses illustrations sur Facebook lui a permis de s’imposer de tenir ce rythme et de rendre plus visible son art. « L’utilisation des réseaux est nécessaire car les gens ne fonctionnent qu’avec ça, on est invisibles sans, donc on doit s’en servir. » Vingt des illustrations de 365 ont été exposées pour la première fois à L’Art Scène (Nantes) en juin 2017.
Une trentaine d’œuvres de Goulven LABAT, toujours issues de la série 365, ainsi qu’une fresque récapitulative de tous ses illustrés, seront visibles à partir du samedi 6 janvier 2018 au Chat Noir (Nantes), avec les Nus en colère de Nils L.L..

Jane Valude
janevalude@gmail.com

Administratrice et rédactrice en chef du site PausArt.



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