Dadu Phoenix

Dadu Phoenix

1. Asphalt jungle, par Dadu PHOENIX.- 11/2017.- Tirage Fine art au format 20x20 cm.

1. Asphalt jungle, par Dadu PHOENIX.- 11/2017.- Photographie numérique, tirage Fine Art au format 20x20cm.

Dadu PHOENIX est un artiste dans l’âme. Il commence très jeune à écrire, pour lui, ne communiquant pas et détruisant ses productions : “L’écriture a toujours été ancrée en moi et ne m’a jamais quitté. Ca ne s’explique pas, c’est une forme automatique.” Il découvre le punk en 1981 lors d’un séjour à Tiverton en Angleterre, au contact de ses rues. Ce mouvement pique sa curiosité, de par l’attitude des gens, leur différence. De retour en France, ce souvenir restera en sommeil dans sa mémoire jusqu’en 1985, où il s’intéresse au punk en tant que musique et mouvement, à cette idée de faire par soi-même les choses, en rébellion à ce qui se passe. “J’écoute de la musique, découvre des choses, rencontre des gens… Pour moi le punk c’était un mouvement politique, culturel, où tout devenait possible. C’était aussi l’occasion de se poser pleins de questions sur le monde dans lequel on vit, le rapport à l’argent. Cela me faisait me questionner et me positionner. Réagir aux choses. C’est une attitude, une devise, une façon de vivre tous les jours. La musique n’en est qu’un aspect ; il y avait aussi des écrivains, des graphistes,… Pour moi, “le punk” c’est un état d’esprit qui s’insuffle en réaction au monde dans lequel on vit, quelque soit l’époque. Ca a pris corps sous une certaine forme dans ces années là mais ça a toujours existé et existe toujours sous d’autres formes. Ca s’appelle punk parce que les gens ont besoin de mettre des étiquettes sur ce qu’ils ne comprennent pas. Ils ont besoin de classifier et de trouver des références, de normer, pour comparer.” De 1989 à 1992, il est bassiste dans plusieurs groupes punk, sans savoir lire la musique ; pour marquer les notes il a son propre code. En parallèle il dessine. Des bâtiments et portraits à partir de modèles et d’images. Et peint, après qu’une exposition sur les vanités au Musée des Beaux-Arts de Caen à la fin des années 80 lui parle de par son thème. Mais toute cette production est éphémère, détruite elle aussi. “Ce qui est passé est passé, et c’est bien à sa place. Je ne regrette rien mais je ne vis pas dans la nostalgie.

2. Anna Éire, par Dadu PHOENIX.- 05/2016.- Photographie numérique, tirage Fine Art au format 24x30cm.

2. Anna Éire, par Dadu PHOENIX.- 05/2016.- Photographie numérique, tirage Fine Art au format 24x30cm.

Il met ensuite tout cela entre parenthèses, exceptée l’écriture. “En 1992 j’avais besoin de mourir et de renaître pour vivre autre chose.” C’est en 2009 que ce besoin va le conduire vers la peinture numérique, technologie qui attise sa curiosité. Il choisit comme une évidence d’exercer sous le pseudonyme de Dadu PHOENIX. Un ordinateur, une tablette numérique et un logiciel lui permettront de réaliser une centaine de peintures numériques. “Je faisais au travers de portraits féminins des allégories pour y glisser en filigrane mes réactions aux sujets du moment, qui me touchaient. Je laissais l’accès libre à ce que je faisais au travers d’une page Facebook et de plateformes plus spécialisées telles que Deviant Art, qui me permettaient d’entrer en contact avec d’autres artistes et de recueillir les réactions des gens à ce que je produisais.” Il se fait rapidement remarqué, est invité à participer à plusieurs expositions collectives et devient résident permanent de deux galeries d’art.

J’oscillais entre réalité et ressenti, du ressenti à la vision où se mêlent, se conjuguent, mythologie, fantasme et allégorie de notre monde pour mieux stigmatiser une part de vérité.
Mais en 2014, il tourne – une nouvelle fois – la page. S’intéresse à la photographie en tant que moyen de création et d’expression et fait ensuite l’acquisition d’un Fujifilm Xpro1. Pour des raisons pratiques et économiques, il choisit de ne se concentrer que sur sur la photo numérique. Avec son appareil, il entame directement des séries de portraits, avec des modèles exclusivement féminins. Via les réseaux sociaux, il les contacte pour organiser ses premières séances, choisissant ses collaborations au feeling ou au détour de discussions, au hasard des rencontres virtuelles. La première année, il travaille énormément les techniques de prise de vue et de développement des photos. Assez rapidement ce qu’il en ressort lui permet de rencontrer des modèles plus expérimentées qui par leur jeu d’interprétation lui permettent de forger sa signature visuelle. Avec le temps les liens d’affinités artistiques et humaines l’amèneront à (re)composer avec certaines personnes plus que d’autres. Il ne travaille pas en exclusivité et est ouvert après discussion à proposer aux modèles des projets susceptibles de les intéresser. Mais : “On ne peut pas tout faire avec tout le monde.

3. Voodoo Child, par Dadu PHOENIX.- 05/2016.- Photographie numérique, tirage Fine Art au format 20x20cm.

3. Voodoo Child, par Dadu PHOENIX.- 05/2016.- Photographie numérique, tirage Fine Art au format 20x20cm.

En 2016, Dadu PHOENIX est officiellement artiste-auteur. “Ce que j’aime bien dans la photo c’est ce côté image arrêtée qui condense toute l’intensité d’une scène. Et au-delà des apparences l’essence même du sujet photographié. C’est ouvrir à partir du réel des espaces où chacun peut laisser vagabonder son imagination en fonction de son ressenti et de son vécu. Je ne photographie uniquement que des modèles féminins, parce que ça me parle, mais j’ai parfois réalisé des séances avec des couples”. Il ne réalise qu’une ou deux prises de vue par scène, détestant “mitrailler”, et prend le temps de composer avec le modèle et d’ajuster ses réglages avant les prises de vues. Pour le moment il développe ses photos uniquement dans LightRoom. “Je ne fais pas et je refuse de faire toute modifications corporelles parce que j’estime qu’il faut voir au-delà des apparences et je suis attaché à ce qui se dégage, à ce qui est plutôt qu’à ce qui semble être. Les seules retouches que je m’autorise éventuellement, ce sont celles de retravailler la lumière au niveau de l’iris des yeux ou de faire disparaitre un bouton passager. J’aime le côté assez naturel des choses.
Dadu PHOENIX réalise parfois des sites éphémères dédiés à des projets particuliers, présentant une narration écrite et picturale, où se mêlent les mots et les images. Ses projets sont toujours le fruit de collaborations mais il lui arrive parfois d’en décliner un et de l’adapter en fonction des attentes communes entre modèles et photographes. Il propose aussi des séances rémunérées sur commande, dans le cadre d’un projet appelé Le temps d’une pose : “Mais si et seulement si elles s’inscrivent dans mon approche et mon univers visuels.” En parallèle, il a réalisé des affiches pour des spectacles ou des flyers pour des campagnes de publicité, plus pour rendre service que par passion. Certaines de ses oeuvres sont disponibles à la vente. Mais dans la photographie ce qui l’intéresse le plus c’est l’aventure humaine, la rencontre, les partages, et le fait que rien ne soit figé. Il travaille actuellement sur un projet plus underground, sur des endroits que nous fréquentons et qui composent notre environnement direct, “au coeur du chaos que l’homme a façonné à son image, sur les espoirs et les errances des âmes égarées cherchant une issue dans ces rues sans horizons.Dadu PHOENIX souhaite se concentrer sur la photographie et l’écriture… Pour le moment.

Suivre Dadu PHOENIX :

Jane Valude
janevalude@gmail.com

Administratrice et rédactrice en chef du site PausArt.



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