Charlotte Le Bon

Charlotte Le Bon

Actrice et illustratrice, Charlotte LE BON connaît, à seulement 31 ans, une carrière déjà riche et hétéroclite.

1. Just Needs A Rest - Heart-Headed Project, par Charlotte LE BON.

1. Just Needs A Rest – Heart-Headed Project, par Charlotte LE BON.

Avant de se faire connaitre du grand public, la jeune canadienne Charlotte LE BON, originaire de Montréal, fait ses débuts dans le dessin. Après des études d’arts plastiques en parallèle desquelles elle publie quelques productions sur son site internet, elle s’essaye à l’illustration pour Spank Magazine. Elle débute ensuite sa carrière de mannequin et enchaîne les allers-retours entre la France et le Canada. Elle devient notamment égérie pour le parfum Si Lolita de Lolita Lempicka. La jeune femme considère cette expérience comme un véritable « tremplin géographique » : « Je n’aurais jamais vécu en France si je n’avais pas été mannequin, là où je me suis fait recruter par la chaîne Canal+ », explique-t-elle. Cependant, elle délaisse le mannequinat sans grands regrets. Repérée par la chaîne Canal+, la pétillante Charlotte LE BON fait alors ses premiers pas à la télévision en tant que Miss Météo du Grand Journal, ce qu’elle considère comme son véritable tremplin : « C’était enfin l’occasion d’activer ma matière grise et d’exister pour autre chose que mon physique, trop souvent critiqué et jugé peu à la hauteur », confie la jeune femme. Elle poursuit en expliquant que « le milieu de la mode, lorsqu’on est mannequin, peut vite nous sembler comme un microcosme anxiogène où tous les gens pensent et agissent de la même manière. Il y a peu d’empathie et on en sort souvent très complexés. Ce qui est ironique puisque les mannequins sont supposés représenter les dictats de la beauté. Or, ces critères sont biaisés car dictés par des gens possédant une vision de la beauté nettement trop étroite. » Charlotte LE BON est donc très heureuse de cette opportunité au Grand Journal, et elle n’est pas la seule, puisque ses prestations décalées séduisent immédiatement.

1.I'm sorry, par Charlotte LE BON.- Illustration au format 59x78cm.

2. I’m sorry, par Charlotte LE BON.- Illustration au format 59x78cm.

On la retrouve par la suite aux côtés d’Alex LUTZ, Bruno SANCHES et Raphaël CIOFFI dans le programme court L’Envers du Décor lors de la saison 2011–2012 du Grand Journal. Elle fait ses preuves, jusqu’à décrocher une place de chroniqueuse au Petit Journal de Yann BARTHES. Après des débuts remarqués au petit écran, Laurent TIRARD lui ouvre les portes du cinéma en lui confiant le rôle d’Ophélia dans Astérix et Obélix : Au service de sa Majesté.

Du drame (Yves Saint-Laurent) à la comédie (La stratégie de la poussette, Libre et assoupi) en passant par le thriller (Iris), Charlotte LE BON s’essaie à des genres multiples et fait peu à peu ses preuves en tant qu’actrice. Récompensée en 2015 par le César de la Meilleure actrice dans un second rôle pour le film Yves Saint-Laurent, elle s’impose dans le paysage cinématographique. Pourtant, être comédienne ne semble plus lui suffire. La jeune femme aux multiples talents décide en effet de revenir à son premier amour : le dessin. Poussée et accompagnée par l’artiste et photographe JR, elle fait son coming out artistique et présente ses créations pour la première fois en 2016 à la Galerie Cinéma, à Paris. En proposant au public un regard singulier et moderne sur l’influence du 7ème art dans la création artistique contemporaine, cette galerie participe à faire éclore les œuvres de réalisateurs et dessinateurs de talent. Parmi ses artistes notables, on compte notamment Kate BARRY, Louis GARREL, et plus récemment Charlotte LE BON.

3. Affiche du film Iris, avec Charlotte LE BON.

3. Affiche du film Iris, avec Charlotte LE BON.

Avec la visibilité offerte par la Galerie Cinéma, elle peut enfin exposer son univers éclectique et poétique à travers son exposition, Une chambre d’hôtel sur la Lune, qui dévoile encore un peu plus son imaginaire décalé. Forte de cette expérience, qu’elle qualifie de « dépucelage », Charlotte LE BON inaugure sa seconde exposition : La mélancolie du Cornichon. Mêlant noirceur et mélancolie à l’humour et aux couleurs, ses œuvres gagnent en engagement tout en conservant leur dimension onirique.
Ses 42 pièces, exposées à la galerie Item à Paris en octobre 2016, sont un véritable succès. Pleines de contrastes, elles font successivement sourire et réfléchir. Cette dualité n’est pas étrangère aux inspirations de Charlotte LE BON puisqu’elles sont très variées : « Lorsque je suis dans des périodes de « fertilité créatrice », tout peut m’inspirer. En commençant par mes rêves, l’univers, les étoiles, les relations, une phrase, un mot, un bout de tissu, un caillou, une hallucination, un voyage, une photo, une ombre, un état mélancolique, triste, joyeux, colérique. » Elle traverse aussi des « périodes de creux », lors desquelles elle ne dessine pas, n’écrit pas et ne prend pas de photos, qu’elle considère comme des « vides nécessaires ». Car si elle détestait cet état auparavant, elle confie savoir maintenant « qu’il est le symptôme d’un remplissage inconscient. »
Son univers multi-facettes s’explique sûrement par son intérêt pour des artistes de tous les horizons. Parmi tant d’autres, elle apprécie notamment les photographies d’Alice MOITIE, l’univers de l’artiste peintre Keith HARING, et s’intéresse à l’atmosphère sombre et lumineuse du duo musical Ibeyi.
Malgré de nombreuses activités et inspirations, Charlotte LE BON reste attachée au cinéma, puisqu’elle est actuellement à l’affiche du film américain The Promise, sorti en novembre 2017. En parallèle, elle a le projet de sortir un livre sur son travail d’artiste très prochainement… À suivre !

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Anaelle Favier
anaellefvr@outlook.com


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