Emilie Teillaud

Emilie Teillaud

1. Grâce, par Emilie TEILLAUD.- 2013.- Tableau réalisé avec des techniques mixtes au format 80x100cm.

Evoquons en premier lieu ce qui fait de vous l’artiste plasticienne que vous êtes aujourd’hui.
Qu’est-ce qui vous a mené vers la peinture ?
J’ai toujours eu l’impression d’avoir mon propre univers, en décalage parfois voir même souvent avec les autres. Avec le recul, je me rends compte que, depuis mon plus jeune âge, je dessinais déjà beaucoup. J’étais une enfant qui aimait amuser la galerie parce qu’avant tout rire est une magnifique parade aux tristesses. J’illustrais les poèmes, observais les fleurs, la nature, et mes dessins c’était ce que j’avais vu la journée, les rires partagés la vieille, la douceur, la patience de ma grand-mère maternelle qui me donnait l’envie de dessiner ce que je ressentais. Et puis après il y a eu la musique, la danse, les études,… Toutes ces années où j’avais mis de côté cette bouffée d’air qu’était le dessin. Le bac en poche, j’ai entamé un cursus de musicologie, de sciences de l’éducation, pour arriver à une licence de psychologie et à un diplôme de kinésiologie. En même temps je préparais le concours pour devenir professeure des écoles, parce que j’étais dans une démarche de prise d’indépendance. Puis j’ai eu des fractures du dos, suite à un accident, qui m’ont immobilisées environ six mois. Corset jour et nuit. Un merveilleux malheur qui m’a permis de créer une belle série de peintures puisque que je ne pouvais rien faire d’autre. Et puis j’ai décidé de démarcher pour exposer mon travail, pour voir, et puis voilà… Quinze ans plus tard, c’est toujours la même démarche que lorsque j’étais petite finalement. Peindre, rire, une belle parade aux tristesses qui continue. Voguer sur les émotions, explorer ce qui traverse, peindre la maternité, l’amour.

On retrouve également dans vos productions artistiques la céramique, ressortant en sculptures ou en bijoux, des illustrations et dessins. Pourquoi ?
La céramique, c’est la prolongation de l’envie de créer sur un support différent, toujours de manière instinctive. Le dessin est l’approche qui me paraît la plus simple pour arriver à sortir une émotion sur le vif. Les rencontres ont fait que je suis devenue illustratrice ; le dernier livre en date est Depuis toi dont l’auteur est Philippe PROHOM.

2. Aimer sans mesure, par Emilie TEILLAUD.- 11/2015.- Tableau réalisé avec des techniques mixtes sur toile au format 195X130cm.

2. Aimer sans mesure, par Emilie TEILLAUD.- 11/2015.- Tableau réalisé avec des techniques mixtes sur toile au format 195X130cm.

Comment ont évolué vos réalisations artistiques au cours de toutes ces années d’exercice ?
Elles ont évolué grâce à la maturité, au temps qui passe. Grâce à la maternité qui permet de grandir, de pousser les barrières et les limites, de comprendre ce qu’est l’amour sans faille, de trouver un sens différent à la vie. Grâce aux rencontres aussi.

Vous réalisez des oeuvres souvent colorées et empreintes d’une belle poésie. Pourquoi ? Quelles couleurs et matériels préférez-vous utiliser ?
C’est ma façon de regarder l’humanité, parce ce que je crois

avant tout en l’humain, en notre faculté de résilience, parce que tout vient pour nous nourir. Parce que je suis optimiste, et que je ne crois pas au hasard. Je ne peux vraiment répondre sur le choix des couleurs. J’utilise ce qui vient, ce qui a besoin d’être couché sur la toile ou le papier. Je crois qu’avant de quitter ce monde j’aurais tout essayé : encre, aquarelle, fusain, pastels secs, gras, acrylique, huile,… J’aime explorer, inventer de manière singulière. Quand la porte de mon atelier est passée, c’est un peu comme une fête. Un jour nouveau à explorer. Je fais des expériences, je laisse venir, c’est ma façon à moi de lâcher prise sur tout.

Plusieurs écrits font état de la spontanéité inhérente à votre création. 
Je travaille à l’instinct, c’est aussi ma façon d’être. Je suis comme ça tout le temps, dans tout finalement.

Quels sentiments et émotions souhaitez-vous le plus faire transparaître de vos oeuvres ?
Je veux faire transparaitre ce qui lie, ce qui fait avancer, ce qui bouleverse, ce qui emporte, ce qui rend doux, ce qui rend plus fort mais aussi ce qui déboussole, ce qu’on cherche à comprendre, ce qui tend vers le bon.

3. Lâcher prise, par Emilie TEILLAUD.- 01/2017.- Oeuvre réalisée avec des techniques mixtes (encre, fusain) sur papier arches au format 50x65cm.

3. Lâcher prise, par Emilie TEILLAUD.- 01/2017.- Oeuvre réalisée avec des techniques mixtes (encre, fusain) sur papier arches au format 50x65cm.

Dans quel style ou courant artistique pensez-vous évoluer ?
Le mien. Je n’ai pas encore trouvé où me placer, mais je ne pense pas que cela soit d’une grande importance. Je suis et préfère me sentir libre.

Vous avez participé à de nombreuses expositions. Comment les sélectionnez-vous ? Envisagez-vous de présenter votre travail à l’international ?
Je réponds à des offres et reçois des propositions, que j’étudie avec mes agents si j’en ressens le besoin. Elles m’apportent la richesse des rencontres, des échanges, une visibilité. Je m’intéresse à ce qui vient à moi. En ce moment de belles opportunités aux USA et à Moscou se mettent en place.

Vivez-vous de votre art?
Je vis de mon art, et inversement. Je pense que le jour où je n’en vivrai plus, c’est que, peut-être, ma place sera ailleurs.

Êtes-vous amenée à répondre à des demandes qui vous sont faites ?
Oui. Des commandes diverses, des fresques, des créations en lien avec un créateur de mode, des collaborations avec des designers. Et j’aime beaucoup cela.

Qu’est-ce que « la suite » vous réserve ?
Des expositions, de nouvelles collaborations, des fresques, des décors de scène, des commandes… De belles surprises encore !

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Jane Valude
janevalude@gmail.com

Administratrice et rédactrice en chef du site PausArt.



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