Samuel Strouk

Samuel Strouk

C’est un artiste humaniste et philosophe que j’ai découvert lors de ma rencontre avec Samuel STROUK. Le compositeur accomplit avec succès le rêve de tout artiste : créer un genre nouveau.

1. Portrait de Samuel STROUK, par Philip DUCAP.- 09/2017.

1. Portrait de Samuel STROUK, par Philip DUCAP.- 09/2017.

Attendez-vous à être surpris à l’écoute de Silent Walk, le premier album de Samuel STROUK en tant que leader, sorti en octobre 2017. Le mariage du jazz et de la musique classique que réalise l’artiste, est un style qui n’a jamais effleuré vos oreilles. L’album donne la parole à cinq instruments : la guitare (Samuel STROUK), l’accordéon (Vincent PEIRANI), le violoncelle (François SALQUES), la contrebasse (Diego IMBERT) et la clarinette (Florent PUJUILA). Ce son qui « essaie d’être quelque chose d’original et nouveau, est le fruit de la collaboration de tout le monde » m’explique Samuel STROUK. Le quintette emprunte à la musique de chambre son ambiance intimiste, et à la musique romantique sa mélancolie. Issu d’une famille mélomane, c’est à cinq ans que Samuel STROUK débute l’apprentissage du piano. « Je voulais faire du violon mais mes parents avaient acheté un piano, et il n’y avait pas beaucoup d’argent à la maison », me confie le compositeur. Peu passionné par cet instrument, il cesse d’en prendre cours quelques années plus tard. Il commencera la guitare au conservatoire de Montpellier à 14 ans, en écoutant du rock. « Dès que j’ai commencé la guitare, je ne faisais plus que ça. J’ai quand même passé mon bac, après j’ai tout arrêté pour faire de la guitare ». Il entre à 19 ans au Conservatoire à rayonnement régional de Paris, et obtient son prix en guitare classique. Samuel STROUK commence dans la rue. « J’ai passé cinq ans à jouer en terrasse sur la Côte d’Azur. Pendant ces années, j’ai rencontré beaucoup de musiciens avec qui je joue encore». Sa persévérance paiera, puisqu’il obtient l’opportunité d’aller enregistrer l’album Carhabana en 2006 à Cuba, où il vécut plusieurs années. L’album connut un grand succès et fut nominé à Cubadisco 2007, les victoires de la musique du pays. Il sera également arrangeur, musicien accompagnateur, programmateur, et directeur artistique de Maisons-Laffitte jazz festival notamment.

2. Remember in, par Samuel STROUK (Guitariste) ; avec Vincent PEIRANI (Accordéon), François SALQUES (Violoncelle), Diego IMBERT (Contrebasse) et Florent PUJUILA (Clarinette).- 09/2017.- Titre extrait de l'album Silent WALK.

2. Remember in, avec Samuel STROUK (Guitariste), Vincent PEIRANI (Accordéon), François SALQUES (Violoncelle), Diego IMBERT (Contrebasse) et Florent PUJUILA (Clarinette).- 09/2017.

Alors qu’il me raconte sa vie dans les Caraïbes, je saute sur l’occasion pour demander à Samuel STROUK qu’il me donne des précisions sur les conditions d’exercice des artistes à Cuba : « Il y a un statut étatique. Quand on est musicien, on est musicien de l’Etat. Ce statut permet d’avoir le droit de sortir du pays et d’avoir une voiture. Ici en France il y a le statut d’intermittent du spectacle, qui est assez bien pensé. On ne se rend pas compte la chance qu’on a d’avoir ça. Le problème des métiers artistiques, c’est d’avoir des phases à vide. On ne peut pas faire de la création quand on est tenu par des calendriers avec des objectifs commerciaux. Avant, les musiciens gagnaient leur vie grâce à des mécènes. Ce sont eux qui payaient les compositeurs pour écrire leurs œuvres. Le statut d’intermittent c’est une sorte de mécénat étatique. On voit le résultat : la France est un petit pays, et pourtant il y a beaucoup d’artistes qui rayonnent dans le monde. Dans toutes les catégories. Ce statut permet à la France de s’exporter. A Cuba c’est assez similaire, car il y a énormément d’argent investi dans la peinture, la poésie, la littérature. Cuba est une nation qui rayonne par sa culture et sa médecine. Etre artiste à Cuba, c’est être dans la catégorie la plus privilégiée de la population ».

3. EPK Silent Walk, par Samuel STROUK.- 10/2017.

3. EPK Silent Walk.- 10/2017.

C’est grâce à sa sensibilité pour la musique latino-américaine que l’Institut français lui demande de composer une œuvre dans le cadre du projet avec l’Orchestre Symphonique de Bretagne Colombiana nueva. Tous les ans, l’Institut français collabore avec l’OSB pour mettre à l’honneur un pays. Cette année c’était la Colombie. Samuel STROUK accepte et compose Egalité, un poème symphonique et concerto pour guitare qui s’inspire du poète colombien José Asuncion SILVA. « J’aime beaucoup la poésie, et je ne voulais pas composer avec des éléments de la musique traditionnelle colombienne, je trouvais ça trop basique. J’ai alors cherché l’inspiration parmi les poètes colombiens ». C’est le poème Egalité qui retient toute l’attention du compositeur. Son thème intemporel le séduit. L’histoire met en scène deux personnages que tout oppose : l’Empereur de Chine et un enfant de la rue. « Le poète montre que peu importe les inégalités sociales, économiques ou de classe qu’on peut avoir, quand on se retrouve face à l’instinct animal, l’instinct sexuel, on est tous les même animaux. Je trouve qu’on l’oublie beaucoup quand on traite de sujets comme la religion notamment ». En fervent défenseur de l’union et de la cohésion, Samuel STROUK espère « ramener tout le monde sur un même dénominateur commun » grâce à sa musique. Ce poème symphonique digne d’une musique de film, nous fait voyager de l’hostilité de steppes d’Asie à la douceur ensoleillée de la Colombie. Egalité a été jouée à l’Opéra de Rennes les 2 et 3 novembre 2017, mais n’a jamais été enregistrée. Samuel Strouk sera sur la scène du Café de la danse à Paris le 27 novembre, dans le cadre de la sortie de son album Silent Walk.

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Mailys Renouf
mrenouf56@gmail.com


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