Mathilde Seguin

Mathilde Seguin

Des vues : sur les murs, par Mathilde SEGUIN.- 2010-2013.- Vidéo descriptive, catalogue de papiers peints.

1. Des vues : sur les murs, par Mathilde SEGUIN.- 2010-2013.- Vidéo descriptive, catalogue de papiers peints.

Mathilde SEGUIN est une artiste pluridisciplinaire. Diplômée de l’ESAD de Strasbourg, elle explore depuis près de vingt ans des techniques aussi variées que la gravure, la photographie, l’estampe, l’édition et la fabrication d’objets en tous genres. Pour chaque projet, la technique, qu’elle choisit et développe, est au service d’une idée. Si elle n’a pas d’attachement pour un procédé en particulier, elle opte toutefois bien souvent pour des techniques permettant une certaine reproductibilité des œuvres. Elle peut ainsi proposer des pièces à tous les prix, en fonction du nombre d’exemplaires produits. Elle a notamment créé les éditions J’ai 2 mains gauches qui diffusent son travail et lui permettent d’avoir un contrôle intégral sur la fabrication et le contenu de ses livres d’artiste, conçus comme des œuvres d’art totales.

2. Pas portrait, de Mathilde SEGUIN.- 2016.- Linogravure sur papier Rosaspina 1 couleur, tirage en 7 exemplaires, au format 15 x 23 cm.

2. Pas portrait, de Mathilde SEGUIN.- 2016.- Linogravure sur papier Rosaspina 1 couleur, tirage en 7 exemplaires, au format 15×23 cm.

À travers son travail Mathilde SEGUIN aborde les thématiques de l’architecture et de la ville et leur appropriation par les habitants. Avec les installations Des vues : côté rue (Image 3), mises en place dans différentes villes de France, elle a par exemple mené une réflexion sur la fenêtre comme espace libre et ouvert permettant à chacun d’intervenir sur le paysage urbain. Tout comme les habitations les plus pauvres de Strasbourg qui étaient recouvertes de tentures en trompe-l’œil au XVIIIe siècle lors de la venue de personnages importants, l’artiste a installé sur des bâtiments, à l’allure souvent monotone, des représentations sur bâches de fenêtres atypiques. Avec ce changement de décor inattendu au sein de l’espace public, du quotidien, elle parvient à interpeller les passants, à

susciter le questionnement. Qui se cache derrière cette
fenêtre ? Que me dit cette fenêtre sur son propriétaire ?
L’artiste souhaite avec son travail prendre à partie le spectateur, le surprendre et ainsi le pousser à s’approprier les œuvres. Ce sont les espaces d’expositions ouverts sur la rue qu’elle va alors favoriser pour montrer son travail, tel que la minuscule galerie de 384 cm2, créée par Agathe HALAIS et installée dans la devanture d’une librairie à Rennes, ou encore La borne du collectif d’artistes Le pays où le ciel est toujours bleu à Orléans. Ce sont des expositions impromptues, sur lesquelles les passants vont tomber par hasard, contrairement aux expositions en milieu clos dans lesquelles la rencontre avec l’œuvre est attendue et anticipée par un public souvent passif. Or pour Mathilde SEGUIN la  découverte de l’œuvre doit se faire de manière active, par la réflexion, mais aussi la manipulation. Elle décrit elle-même les objets qu’elle crée comme des « objets de compagnie » qui prennent vie avec la personne. Avec le catalogue de papier peint Des vues : sur les murs (Vidéo 1), représentant différentes typologies de villes, le lecteur est, par exemple, invité à projeter les différents papiers peints, proposés en plusieurs coloris, dans son intérieur, créant ainsi sa propre exposition mentale.

3. Des vues : côté rue, par Mathilde SEGUIN.- 2014.- Photographie impression numérique sur bâche au format 250x200 cm. Installation temporaire réalisée lors d'une résidence avec le Centre d'Art Contemporain de Pontmain.

3. Des vues : côté rue, par Mathilde SEGUIN.- 2014.- Photographie impression numérique sur bâche au format 250×200 cm. Installation temporaire réalisée lors d’une résidence avec le Centre d’Art Contemporain de Pontmain.

Bien que l’humain nourrisse le travail de l’artiste et soit au cœur de ses réflexions, notamment par les rencontres faites dans le cadre d’expositions, d’installations ou de résidences, il restait jusqu’alors très peu présent dans ses représentations artistiques. Il y a deux ans, Mathilde SEGUIN choisit donc de créer des Pas portraits (Image 2), c’est-à-dire des portraits vus de dos. C’est pour elle l’occasion de mener de nouvelles réflexions plastiques sur la technique de la gravure. Par l’intermédiaire des jeux de lumière et de textures, des motifs et de la composition, elle tente de rendre leur identité à ces portraits qui se veulent pourtant anonymes.
Ses deux démarches menées en parallèle, depuis deux ans, sur les Pas portraits et les représentations de l’architecture seront prochainement réunies lors d’une exposition réalisée à l’Espace culturel de Gurgy, en Bourgogne, dans le cadre d’une résidence. Les vues de dos des habitants de la ville seront accrochées avec des volumes en plâtre inspirés de leur habitation. Chaque association sera accompagnée d’une phrase explicative sur le choix de l’habitation. Avec ce projet, c’est le lien entre l’individu et son territoire qui est questionné. Pour beaucoup, c’est la proximité du lieu de travail qui détermine le lieu d’habitation, pour d’autres c’est celle de la famille. Mais quelle qu’en soit la raison, notre rapport au territoire contribue à façonner notre identité.

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Rachel Chenu
rachel.pausart@gmail.com


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