Freddy Rapin

Freddy Rapin

1. Luchienne / Priscille, par Freddy RAPIN.- 2012.- Photographie numérique au format 42x89 cm, tirage lambda.

1. Luchienne / Priscille, par Freddy RAPIN.- 2012.- Photographie numérique au format 42×89 cm, tirage lambda.

La photographie est au cœur de la vie de Freddy RAPIN depuis vingt ans. Rien pourtant ne le destinait à pratiquer cet art. D’abord étudiant en électronique, il délaisse finalement ces études techniques pour intégrer le département Arts plastiques de l’université de Rennes en 1994. C’est la diffusion d’un film-documentaire en cours d’Art contemporain qui va alors tout déterminer. Il y découvre le vie et l’œuvre d’une photographe américaine, Nan GOLDIN. Marquée par la mort de bon nombre de ses proches, elle tente par la photographie de les fixer pour l’éternité en gardant trace de leur passage sur Terre. C’est avec ce même désir d’arrêter le temps et d’empêcher la disparition que Freddy RAPIN se met à la photographie, de manière presque compulsive.
L’acte créateur est, pour lui, avant tout une rencontre humaine. De ses échanges avec ses modèles – des amis pour la plupart – va émerger une idée, une histoire, un point de départ. Mais l’imprévu aura toujours sa place. Quelque soit le cadre choisi, la séance de photographie est pour Freddy RAPIN un moment privilégié, hors de l’espace et du temps, qu’il partage avec ses proches, au-delà des soucis du quotidien et de la réalité de l’existence. Afin de favoriser le naturel et le bien-être, ses modèles, loin de jouer un rôle, sont libres de leurs mouvements. C’est ainsi qu’à travers quelques clichés il parvient à représenter l’humain dans toute sa complexité : sa beauté, sa fragilité, ses faiblesses et ses doutes.

2. La Rayure / Angélique, par Freddy RAPIN.- 2013.- Contrecollé PVC noir et monté en caisse américaine numéroté à 11 exemplaires au format 21,5 x 22,5 cm, tirage lambda.

2. La Rayure / Angélique, par Freddy RAPIN.- 2013.- Contrecollé PVC noir et monté en caisse américaine numéroté à 11 exemplaires au format 21,5 x 22,5 cm, tirage lambda.

Photographe autodidacte, sa pratique a grandement évolué au cours du temps. Il va se consacrer pendant dix ans à la photographie noir et blanc, qu’il admire pour son côté graphique et atemporel, puis tombe ensuite amoureux de la couleur. Elle impose un travail photographique différent, intégrant les notions d’harmonies chromatiques, mais raconte aussi quelque chose de nouveau, apportant une dimension supplémentaire à l’image. Projectionniste de profession, Freddy RAPIN va également mener une

réflexion autour de l’image animée en photographie.
En effet, si pour lui le film délivre trop d’images la photographie au contraire n’en montre pas assez. C’est ainsi qu’il va créer des diptyques en associant les clichés qu’il a accumulé au fil des années. En juxtaposant des objets ou des paysages à des portraits, il souhaite rendre compte d’une intériorité, de l’essence même des modèles qu’il photographie. Sur certains diptyques il ajoute, en outre, des textes extraits des poèmes d’Emily DICKINSON, une poète américaine du 19ème siècle, ou de la belge Mimy KINET. Le photographe ne souhaite pas, par ce procédé, assujettir l’image au texte, mais au contraire créer un dialogue entre les deux.

3. Louise au plafond, par Freddy RAPIN.- 2016.- Photographie numérique, impression offset sur papier 280g, couché 2 faces, massicotée dentelle, protégée au recto par un vernis satiné, au format 8,7 x 12 cm.

3. Louise au plafond, par Freddy RAPIN.- 2016.- Photographie numérique, impression offset sur papier 280g, couché 2 faces, massicotée dentelle, protégée au recto par un vernis satiné, au format 8,7 x 12 cm.

Ses réflexions autour de l’image animée le mène aussi vers un travail plus expérimental et laborantin, qu’il nomme La Rayure. Ses modèles sont invités à déambuler, nus, dans un espace identique et clos. La photo est volontairement floue et surexposée pour faire disparaître les détails de la silhouette. La rayure, apparaissant sur les clichés, reproduit celles présentes sur les bobines de films de 35mm usées. Elle est donc la preuve matérielle de l’image en mouvement. Avec cette série, Freddy RAPIN montre son attachement aux procédés anciens, tant pour les films que pour la photographie. En effet, si aujourd’hui il a adopté le boîtier numérique, il cherche tout de même à reproduire dans sa pratique le long processus de développement de la pellicule argentique, au cours duquel la photo se révèle au photographe. Ce n’est que quelques jours après leur captation qu’il redécouvre les images qu’il a prises et c’est sans aucune retouche qu’il leur donne corps sur le papier. Pour lui, bien qu’une photo puisse être montrée sur un écran et diffusée sur internet, elle n’existe vraiment que lorsqu’elle est imprimée.
Lorsqu’un tirage de l’artiste est numéroté, il intègre le circuit des expositions et du marché de l’art en tant qu’œuvre unique. Afin de toucher un plus large public, Freddy RAPIN a souhaité investir un nouveau circuit en créant, en 2016, une maison d’édition de cartes postales d’art, Le Cargo Volant. Aujourd’hui il diffuse le travail de huit autres artistes français et étrangers.

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