Deuxben de Rennes

Deuxben de Rennes

Artiste autodidacte d’origine niçoise, Deuxben de Rennes anime les murs de la capitale bretonne de ses personnages colorés depuis 2013.

1. Turquoise, par Deuxben de Rennes.- 2017.- Acrylique et poscas sur papier kraft contrecollé sur bois au format 8x29x2 cm.

1. Turquoise, par Deuxben de Rennes.- 09/2017.- Acrylique et poscas sur papier kraft contrecollé sur bois au format 8x29x2 cm.

C’est à l’adolescence, en découvrant la culture hip-hop, qu’il produit ses premiers graffitis. Puis, après une pause artistique de quelques années, son arrivée à Rennes lui donne envie de reprendre sa création par le collage, tout d’abord avec des petits stickers pour passer ensuite aux grands formats. Aujourd’hui, il pratique aussi bien le graffiti que le collage de rue ou la peinture sur toile. Ses personnages aux formes quadrangulaires et aux tenues excentriques peuvent s’étendre sur plusieurs mètres de hauteur. Regroupés en « team » ou noyés dans des flaques d’encre, c’est toujours avec une certaine simplicité dans le trait et le dessin qu’ils sont représentés. Très marqué par les œuvres de KEITH HARING, CHAGALL, PICASSO et KANDINSKY, l’artiste porte, en effet, une grande attention à la forme et aux aplats de couleurs. Si les personnages qu’il peint ont, au premier abord, une allure joyeuse et enfantine, on observe dans certains détails un double langage. À la manière des prisonniers russes, ils arborent, par exemple, des tatouages aux significations bien particulières. Souhaitant que son art suscite le questionnement chez les passants, Deuxben de Rennes aborde ainsi à travers ses œuvres les thèmes de la différence et de l’anticonformisme, en évoquant notamment les questions de genre. Il utilise abondamment le rose, une couleur souvent connotée, fréquemment associée à la féminité ou l’homosexualité. Avec l’emploi de cette couleur, il souhaite déjouer les stéréotypes : « Le rose n’est pas un genre, le rose est une couleur. Je trouve assez dommage d’être jugé parce qu’on est un homme barbu et qu’on porte du rose. Ça ne veut pas forcément dire quelque chose ; ça veut juste dire ce mec là aime le rose« .

2. Dualité 2, par Deuxben de Rennes ; Featuring Lélé.- 2016.- Aérosols et acryliques sur mur abandonné 5x4 m.

2. Dualité 2, par Deuxben de Rennes ; Featuring Lélé.- 2016.- Aérosols et acryliques sur mur abandonné 5×4 m.

La rue est le lieu privilégié par l’artiste pour afficher ses œuvres et s’exprimer en toute liberté afin de surprendre, interloquer ou amuser les passants. Toutefois, n’étant pas un vandale dans l’âme, ce sont les friches, les bâtiments désaffectés ou en travaux qui donnent vie à ses créations, ainsi que le R.U.E. (Réseau des murs légaux de Rennes). Ces surfaces d’expression libre, mises à disposition par l’agglomération et gérées par l’association A.S.A.R.U.E. (Association de Soutien Au Réseau Urbain d’Expression), permettent aux praticiens du street-art et aux graffeurs de se consacrer à leur art en toute légalité.
En raison d’une notoriété grandissante, Deuxben de Rennes est également amené à répondre à des commandes privées, principalement via les réseaux sociaux. C’est ainsi qu’il peint fresques murales, toiles ou encore totems pour des intérieurs domestiques, des festivals ou des MJC (Maisons des Jeunes et de la Culture). Il investit aussi les galeries d’art, comme la nomade 18heures15 à Rennes, et est représenté par la No Galerie. Il est, en outre, régulièrement sollicité pour des collaborations. Coopérer avec des artistes est pour lui l’occasion de se confronter à des styles et des techniques différentes. Il peint donc régulièrement au côté de graffeurs, tels Lélé ou Lazuli entre autres. Avec le premier, il a par exemple créé une série d’œuvres murales intitulée Dualité. Les univers des deux artistes s’y entrechoquent et fusionnent pour former des personnages hybrides mi-hommes mi-singes, formant alors une cohésion totale. Avec la seconde, c’est une nouvelle organisation du travail qu’il expérimente en apposant d’abord la couleur pour tracer ensuite les formes. Il intervient également sur les photos reportages de l’artiste briochain Swan. Ses personnages farfelus viennent peupler des prises de vue du Togo, du Burkina Faso, du Sénégal, du Cambodge, ou d’Amérique du Sud lors d’une série d’expositions intitulée Heures De Colle.

3. La sieste, par Deuxben de Rennes ; featuring Swan.- 10/2017.- Posca sur impression photo.

3. La sieste, par Deuxben de Rennes ; featuring Swan.- 10/2017.- Posca sur impression photographique. Format original 90×135 cm reproduit au format A3 en 100 exemplaires

La rencontre des deux artistes a donné naissance à un projet d’envergure à Saint-Brieuc. Avec le soutien du comité d’animation de Robien, ils mettent en place un parcours de street-art dans le quartier. Cette idée a germé en 2016, lors du festival OFF de Photoreporter. Les habitants du quartier ont été invités à accueillir des images grands formats de Swan sur leurs murs. Une cinquantaine de photographies ont ainsi été collées sur les commerces et les habitations. Forte de ce succès, cette initiative s’est muée en projet de territoire dont la concrétisation passera par la création d’une association. Elle permettra de réunir des fonds afin de rémunérer des artistes aux profils variés pour l’élaboration d’une déambulation insolite dans les rues de Robien.

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Rachel Chenu
rachel.pausart@gmail.com


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