Ose

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1. Metallic Mecano, par Ose ARTWORK.- Montpellier, 03/2017.- Pochoir réalisé avec rouille sélective, sur plaque de métal 115x80cm.- Visible sur Facebook. « J'ai eu la chance de participer à la première édition de "STROKAR" à Bruxelles, une exposition avec 100 street artistes. Elle était organisée par Fred ATAX qui est photographe reporter. Il leur avait demandé de choisir deux de ses photos et de les réinterpréter avec leur style. L'une des deux que j'avais choisi était ce jeune homme appelé Mecano que Fred ATAX avait rencontré pendant ses voyages. J'ai été touché par son expression. A cette époque je travaillais encore le pochoir de façon classique, c'est-à-dire sur toile. Puis, début 2017, je préparais une exposition très importante pour moi et je voulais me démarquer. Je me suis donc creusé la tête pour apporter quelque chose de nouveau au pochoir. Mon collègue d'atelier travaillait un peu le métal avec de l'acide pour donner quelques effets. Je me suis demandé un jour si on pouvait faire en sorte de créer un pochoir uniquement à base de transformation de matière, en faisant rouiller du métal en l'occurrence. J'ai fais beaucoup de tests puis j'ai finalement réussi. La rouille sélective c'est ça : c'est-à-dire qu'une fois que j'ai posé mon produit qui permet de protéger le pochoir de la rouille, en passant de l'eau de mer sur une plaque de métal, celle-ci rouille à des endroits bien particuliers et pas à d'autres, faisant petit à petit apparaître le pochoir. On arrive donc à un pochoir sur métal sans peinture, juste en transformant la matière. Il y a bien sûr d'autres étapes afin de contraster puis figer le processus. Alors aujourd'hui, j'ajoute un peu de peinture mais c'est secondaire. Je ne sais pas si j'ai "inventé" un truc ou une technique mais en tout cas, je ne l'avais jamais vu auparavant et ça c'est une réelle satisfaction.»

1. Metallic Mecano, par Ose.- 03/2017.- Pochoir réalisé avec rouille sélective, sur plaque de métal 115x80cm. Ose : « J’ai eu la chance de participer à la première édition de STROKAR à Bruxelles, une exposition avec 100 street artistes. Elle était organisée par Fred ATAX qui est photographe reporter. Il leur avait demandé de choisir deux de ses photos et de les réinterpréter avec leur style. L’une des deux que j’avais choisi était ce jeune homme appelé Mecano que Fred ATAX avait rencontré pendant ses voyages. J’ai été touché par son expression. A cette époque je travaillais encore le pochoir de façon classique, c’est-à-dire sur toile. Puis, début 2017, je préparais une exposition très importante pour moi et je voulais me démarquer. Je me suis donc creusé la tête pour apporter quelque chose de nouveau au pochoir. Mon collègue d’atelier travaillait un peu le métal avec de l’acide pour donner quelques effets. Je me suis demandé un jour si on pouvait faire en sorte de créer un pochoir uniquement à base de transformation de matière, en faisant rouiller du métal en l’occurrence. J’ai fais beaucoup de tests puis j’ai finalement réussi. La rouille sélective c’est ça : c’est-à-dire qu’une fois que j’ai posé mon produit qui permet de protéger le pochoir de la rouille, en passant de l’eau de mer sur une plaque de métal, celle-ci rouille à des endroits bien particuliers et pas à d’autres, faisant petit à petit apparaître le pochoir. On arrive donc à un pochoir sur métal sans peinture, juste en transformant la matière. Il y a bien sûr d’autres étapes afin de contraster puis figer le processus. Alors aujourd’hui, j’ajoute un peu de peinture mais c’est secondaire. Je ne sais pas si j’ai inventé un truc ou une technique mais en tout cas, je ne l’avais jamais vu auparavant et ça c’est une réelle satisfaction.»

 

C’est en 2010 que vous vous intéressez au street art et plus particulièrement au pochoir, suite à la découverte de Wall and piece de Banksy. Qu’est-ce qui vous a interpellé, plu dans ce livre pour que cet univers s’intègre au vôtre ?
J’ai toujours été intéressé par l’art en général mais je ne m’en sentais pas proche. A la découverte de ce livre, ce sont les messages diffusés par Banksy et surtout la mise en scène que je trouvais toujours extraordinaires. En lisant ce livre c’est comme si cela avait réveillé mon côté vandale qui avait toujours été présent au fond de moi. Mais c’est un « vandalisme constructif ». Il n’est pas là pour salir ou dire « J’vous emmerde ». C’est cet esthétisme dans le vandalisme qui m’a plu. Un vandalisme intelligent, avec une mise en scène, un message qui fait réfléchir.

Pourquoi utiliser le pochoir comme moyen d’expression artistique ?
Ce sont les possibilités qu’offrait la technique du pochoir qui m’ont séduit. Cette technique permet à quelqu’un qui n’a pas forcément un très bon coup de crayon de transmettre quelque chose – une émotion, un message, etc.- et d’avoir beaucoup de détails, moyennant un certain nombre d’heures de découpe. Après, c’est aussi supposé être plus rapide dans la rue mais mes pochoirs sont tellement fragiles que je ne peux pas être très rapide. Et puis il y a toujours cette fameuse émotion lorsqu’on enlève la toute dernière couche et que le pochoir se révèle… c’est souvent très exaltant. Le pochoir permet une grande précision et la possibilité de faire ressortir des rides, des regards, des expressions de façon stupéfiante.

2. Crise de rire en temps de crise, par Ose ARTWORK.- Sète, 06/2015.- Fresque réalisée au pochoir en trois couches, sur la façade du magasin Street Market.- Visible sur Facebook. «Il s'agit d'une façade réalisée à Sète dans le cadre d'une exposition solo. Les vieillards ont été mes premiers sujets. Surtout celui-ci que j'adorais. Quand j'ai découvert la photographie, elle n'était pas encore très diffusée comme aujourd'hui. Il me faisait penser à ces gens que l'on croise qui ont la gueule burinée. On sent que la nature les a bien marqué. Et puis quand j'ai vu le sourire édenté de ce vieillard, ça m'a tout de suite parlé. J'avais envie de rire avec lui. Je trouvais qu'il illustrait très bien cette phrase dont j'étais si fier à l'époque: "Crise de rire en temps de crise." En plus, c'était la première fois à ce moment-là que je faisais un pochoir aussi grand, en trois couches.»

2. Crise de rire en temps de crise, par Ose.- 06/2015.- Fresque réalisée au pochoir en trois couches, sur la façade du magasin Street Market à Sète. Ose : «Il s’agit d’une façade réalisée à Sète dans le cadre d’une exposition solo. Les vieillards ont été mes premiers sujets. Surtout celui-ci que j’adorais. Quand j’ai découvert la photographie, elle n’était pas encore très diffusée comme aujourd’hui. Il me faisait penser à ces gens que l’on croise qui ont la gueule burinée. On sent que la nature les a bien marqué. Et puis quand j’ai vu le sourire édenté de ce vieillard, ça m’a tout de suite parlé. J’avais envie de rire avec lui. Je trouvais qu’il illustrait très bien cette phrase dont j’étais si fier à l’époque: « Crise de rire en temps de crise. » En plus, c’était la première fois à ce moment-là que je faisais un pochoir aussi grand, en trois couches.»

Quelles facilités et contraintes techniques lui trouvez-vous ?
Les facilités ? On peut le reproduire. Cela m’arrive de faire plusieurs fois le même dans la rue mais sur des supports à vendre, en général je fais des pièces uniques. Et le résultat est toujours à la hauteur.
Des contraintes, pour le coup il y en a quelques-unes. Tout d’abord, j’ai du mal à faire des pochoirs en dessous d’un mètre ce qui demande une certaine logistique lorsque je sors les faire dans la rue. Et puis, la technique que j’utilise demande parfois jusqu’à 200 heures de découpe pour un seul pochoir. Mais je dirais que la plus grande contrainte, ou plutôt frustration, c’est que le pochoir ne laisse aucune place à la spontanéité. On m’a déjà demandé d’intervenir à la dernière minute pour des événements particuliers ou autres et il était parfois difficile de faire une connexion entre mes sujets et le thème de l’événement.

De quelle manière vos oeuvres se réalisent-elles ?
Je pars d’une photographie existante. Cela peut être une de mes photos mais c’est rare, on ne s’improvise pas photographe du jour au lendemain. En général, j’utilise une photographie existante réalisée par un photographe que je contacte pour avoir l’autorisation d’utiliser sa photo. Je retravaille celle-ci sur ordinateur (je contraste, recadre, sélectionne, sépare mes couleurs correspondant aux matrices à découper, etc.).
Je l’imprime ensuite chez moi, sur ma petite imprimante A4, sur du papier bristol. Ensuite j’assemble mon puzzle d’A4 (la partie la plus fastidieuse) pour enfin pouvoir commencer ma découpe. Vu le monde qu’il y a dans le milieu du pochoir, j’ai décidé de prendre le contre-pied et de complexifier ma découpe tout en diminuant le nombre de couches. J’ai commencé en faisant des pochoirs en six ou huit couches jusqu’à atteindre un genre de photo-réalisme. Mais je trouvais qu’on perdait complètement l’aspect graphique du pochoir. J’ai donc augmenté les détails et diminué les couches. Aujourd’hui chacune de mes matrices prend entre 80 et 100 heures de découpe mais je n’en ai que deux voire une seule, comme pour Les migrants par exemple.

3. Décalage horaire, par Ose CUTTINGART.- Montpellier, 02/2017.- Pochoir monocouche réalisé avec rouille sélective, aérosol et techniques mixtes, sur plaque de métal rivetée 100x100cm.- Visible sur Facebook. «Cette pièce représentait plus un challenge pour moi. J'aime traiter du temps qui passe. Je trouvais que cette horloge un peu dans un genre steampunk se prêtait particulièrement à la technique que j'étais en train de développer. Cette pièce est l'une des plus belles à mon goût que j'ai réalisé. D'ailleurs, elle s'est tout de suite vendue à Art Up Lille. »

3. Décalage horaire, par Ose.- 02/2017.- Pochoir monocouche réalisé avec rouille sélective, aérosol et techniques mixtes, sur plaque de métal rivetée 100x100cm. Ose : «Cette pièce représentait plus un challenge pour moi. J’aime traiter du temps qui passe. Je trouvais que cette horloge un peu dans un genre steampunk se prêtait particulièrement à la technique que j’étais en train de développer. Cette pièce est l’une des plus belles à mon goût que j’ai réalisé. D’ailleurs, elle s’est tout de suite vendue à Art Up Lille. »

Qu’est-ce qui inspire la réalisation de vos oeuvres ? Que souhaitez-vous transmettre comme émotions, comme messages ?
Je me suis longtemps focalisé sur les portraits, comme la plupart des pochoiristes d’ailleurs. Le pochoir fonctionne particulièrement avec les portraits. Donc j’aimais transmettre des émotions positives, des regards déterminés, mais jamais désespérés ou méchants. Je voulais que les gens sourient en voyant mes pochoirs, qu’ils aient un côté presque rassurant. Aujourd’hui, je cherche plus à faire prendre conscience du monde qui nous entoure, de l’impact de l’homme sur l’homme.

Vous avez à Montpellier votre atelier. Est-ce au-delà d’un endroit de création un lieu d’exposition ouvert au public ?
Je me suis installé dans les Ateliers Ernest-Michel situés dans les locaux de l’association Line Up avec qui nous travaillons. Je partage l’espace avec d’autres artistes, Nubian et Cole. Les locaux sont ouverts au public et tout le monde peut venir découvrir notre travail. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il s’agit d’un lieu d’exposition mais c’est très varié.

Quoi pour la suite d’Ose ?
Une exposition collective à L’appartement en décembre et d’autres projets d’envergure mais qui restent à confirmer. Je voudrais aussi découvrir autre chose que le pochoir.

Suivre Ose :

Jane Valude
janevalude@gmail.com

Administratrice et rédactrice en chef du site PausArt.



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