Olga Lupi

Olga Lupi

1. Chaîne alimentaire, par Olga LUPI.- 2015.- Collage papier au format 24x32 cm.

1. Chaîne alimentaire, par Olga LUPI.- 2015.- Collage papier au format 24×32 cm.

Fille et sœur de peintres, la collagiste Olga LUPI est initiée très tôt à la pratique artistique et fréquente assidûment les musées dès l’enfance. C’est ainsi que, tout naturellement, après un baccalauréat d’arts plastiques, elle suit des études d’Histoire de l’Art puis un master professionnel de pratique de l’exposition. Cependant, ce n’est qu’en 2010, après avoir travaillé pendant de nombreuses années dans le milieu du spectacle vivant, qu’elle débute une activité artistique, d’abord avec la photographie, pour se consacrer ensuite au collage papier. Si l’artiste a choisi cette discipline, c’est en premier lieu pour son apparente accessibilité. Elle ne réclame pas, en effet, le même niveau de maîtrise que le dessin ou la peinture, mais ouvre tout de même le champ des possibles par la pluralité des assemblages. Le talent de l’artiste ne se manifeste plus dans sa maîtrise technique, mais dans son habileté à réinterpréter et recomposer des images préexistantes.

2. Baston 4, par Olga LUPI.- 2017.- Collage papier au format 30x30 cm.

2. Baston 4, par Olga LUPI.- 2017.- Collage papier au format 30×30 cm.

Les images, qu’Olga LUPI collecte dans des livres ou magazines antérieurs aux années 70, sont à l’origine même de son processus créatif, à la fois comme sources d’inspiration et matériaux de construction pour ses compositions. Une fois ces matériaux réunis, commence alors véritablement la création, vécue comme un « grand moment de méditation, de calme et de silence » par la collagiste. Très marquée par sa formation en Histoire de l’Art, elle accorde une grande attention à la justesse et à l’harmonie de ses compositions, tant par le choix des sujets que des couleurs. Si la plupart de ses œuvres sont bicolores – principalement noires et blanches ou noires et beiges, une légère touche colorée viendra toujours dynamiser la composition. Ces œuvres sont peuplées de personnages au corps handicapés, avec des têtes disproportionnées et des membres inversés. La violence et les armes sont omniprésentes. L’artiste cherche ainsi à mettre en exergue le caractère absurde de la condition humaine. La Chaîne alimentaire est, par exemple, une critique de l’Homme, adepte de l’autodestruction. Cette vision cynique de la société et de l’humanité transparaît dans l’ensemble de l’œuvre d’Olga LUPI. Toutefois, cette

dernière ne considère pas son travail comme engagé.
En effet, si les mouvements Dada et Surréalistes, dont elle se sent proche, ont instrumentalisé le collage afin de revendiquer des idées politiques ou sociales, elle, au contraire, ne cherche que rarement à délivrer un message à travers ses compositions. Elle préfère laisser libre cours à l’interprétation du public et s’abstient donc de donner des titres à la plupart de ses créations, de peur qu’ils influencent l’interprétation. Lorsque titre il y a, il s’agit bien souvent de suggestions émises par le public.

3. Art X Mail, Frank VOIGT (gauche), Zasko ZASKO (milieu), Olga LUPI (droite).- 2017.- Collage papier au format 12 x 36 cm.

3. Art X Mail, par Frank VOIGT (gauche), Zasko ZASKO (milieu), Olga LUPI (droite).- 2017.- Collage papier au format 12 x 36 cm.

L’œuvre d’Olga LUPI est en constante évolution. Ses collages et compositions se complexifient et sa pratique se diversifie. L’artiste cherche à présent à coloriser certaines images avec des teintes douces, souvent pastel, et à mélanger les techniques en ajoutant du dessin. Les supports qu’elle emploie varient également. Si auparavant elle utilisait principalement du papier de collecte usé, tâché ou jauni, elle souhaite maintenant travailler sur toiles. Ce sont les nombreux échanges et collaborations avec des artistes du monde entier, et l’émulation qui en a résulté, qui ont encouragé la collagiste à renouveler sa pratique. Grande adepte des nouvelles technologies et du multimédia, elle a, en effet, intégré au fil des années des collectifs et des réseaux d’artistes via les réseaux sociaux. Elle est notamment membre du collectif Gli, qui réunit une trentaine de collagistes papier du monde entier, et du collectif féministe Les femmes Libres, qui a pour ambition de donner une place plus conséquente à la femme dans l’art et la vie culturelle. Elle fait également partie du réseau allemand Art x Mail créé il y a environ 3 ans par les artistes Petra LORENZ, Volker LENKHEIT et Frank VOIGT, afin de lancer un projet de mail art international. L’un de ces trois artistes commence un collage sur une lettre grand format puis l’envoie à d’autres du monde entier. Chacun le complète puis le fait suivre. Les adresses et timbres y sont intégrés, faisant ainsi partie de l’œuvre. Une lettre réunit en général les collages de deux ou trois artistes. Plus de 150 lettres ont ainsi été créées par une quarantaine de collagistes différents, dont Olga LUPI.
Ses collages ont fait l’objet de plusieurs expositions monographiques ou collectives en France et à l’étranger. Parmi les plus importantes, on peut citer sa première exposition au Jardin Moderne de Rennes en 2014 ou encore celle internationale du collage, Marvelous !, montée début 2017 au Sebastopol Center for the Art (États-Unis). Bien que l’artiste reste assez peu connue en France, ses nombreux contacts à l’étranger, notamment au Canada, aux Etats-Unis, en Italie et en Allemagne, lui ont également permis de faire l’objet de publications prestigieuses, avec notamment une interview dans la revue canadienne Kolaj, très renommée dans le milieu du collage papier. En 2019, un livre traitant des femmes collagistes lui consacrera également une section. Par ailleurs, des reproductions, sacs, coussins, assiettes et t-shirt reprenant les motifs de ses oeuvres sont en vente sur des boutiques en ligne telles que Society6Redbubble ou Contrado.

Suivre Olga LUPI : 



Découvrez aussi

Goulven Labat
Mireille Stricker-Puaud
Freddy Rapin