Guillaume Allemand

Guillaume Allemand

Interview de l’artiste-plasticien Guillaume ALLEMAND.

1. Porte ChapOs, par Guillaume ALLEMAND avec l’aide de Vincent SACHELLO.- Haute-Loire, 12/2011.-Sculpture réalisée avec plâtre et os animal.

1. Porte ChapOs, par Guillaume ALLEMAND avec l’aide de Vincent SACHELLO.- 12/2011.- Sculpture réalisée avec plâtre et os animal.


Intéressons-nous tout d’abord aux influences de votre pratique artistique actuelle. Quel est votre parcours ?
Ma formation initiale consiste en huit années de conservatoire en musique et plusieurs années de danse Modern Jazz et claquettes. J’ai été ornithologue pendant près de sept années pour ensuite travailler à mon compte pendant 4-5 ans dans la photographie. En 2002, je me lance dans le métier que j’exerce encore aujourd’hui : plasticien.

En 2002, vous décidez de centrer votre travail autour de l’os. Pourquoi ?
En réalité, j’ai commencé le « travail » de l’os il y a bien plus longtemps. La première pièce réalisée en os date de 1989 ou 1990. Il s’agit à l’époque d’un bijou (une broche) réalisé à partir d’un morceau d’os que j’ai trouvé par hasard. Le bijou a plu, le travail de l’os m’a plu et c’est ainsi que j’ai commencé à façonner l’os animal qui est devenue ma matière de prédilection. Les bijoux se sont assez vite transformés en petits tableaux. C’est en 2002 que j’ai décidé d’en faire mon activité principale.

2. Sans titre, par Guillaume ALLEMAND.- Saint-Genest-Lerpt, 06/2017.- Tableau réalisé en os animal, au format 60x60cm.

2. Sans titre, par Guillaume ALLEMAND.- 06/2017.- Tableau réalisé en os animal, au format 60x60cm.

Combien de pièces avez-vous réalisé depuis 2002 ?
Si je compte l’ensemble des pièces réalisées y compris les petits formats du départ, j’ai dépassé les mille tableaux.

Comment intégrez-vous les os, et lesquels, dans votre démarche artistique ?

Par quels matériels, matières, matériaux s’articulent-t-ils dans vos oeuvres ?
Même si mon travail s’inscrit dans une démarche très personnelle basée sur la lumière et la matière, travailler l’os a du sens : il s’agit de redonner vie à l’animal que j’utilise. Je suis très respectueux de cette vie passée et c’est une manière de rendre hommage à l’animal avec lequel on entretient une relation ambiguë. On exploite l’animal sans jamais, ou presque, lui donner quoi que ce soit en échange. C’est une manière pour moi de rééquilibrer les choses. Je travaille essentiellement l’os de boeuf car c’est l’animal le plus conséquent chez nous. Je le fais côtoyer le bois brûlé – du chêne – ce qui me permet de créer un contraste important entre les deux matières. Enfin, concernant mon atelier, je suis équipé comme un menuisier/ébéniste : scie circulaire, scie à ruban, ponceuse lapidaire, à bandes… J’ai aussi adapté quelques outils à mon travail.

3. Microtus arvalis, par Guillaume ALLEMAND.- Haute-Loire et Loire, 01/2017.- Tableau réalisé avec plus de 30 000 dents de micromammifères, au format 80x125cm.

3. Microtus arvalis, par Guillaume ALLEMAND.- 01/2017.- Tableau réalisé entre 2009 et 2017 avec plus de 30 000 dents de micromammifères, au format 80x125cm.

Dans quel(s) courant(s) artistique(s) vous situeriez-vous ?
On m’a classé dans un courant proche du constructivisme. Mais je ne revendique aucun courant artistique. Je suis un autodidacte qui cherche et si parfois mon travail touche le public, tant mieux. Je ne recherche pas une notoriété particulière, je souhaite surtout rester honnête avec moi-même et me réaliser dans ce travail. Pendant les premières années, je revendiquais parfois mon «inculture artistique»… C’était une manière pour moi d’essayer de ne pas être influencé par tel artiste ou courant artistique. J’essayais de produire quelque chose de personnel qui ne soit pas copié sur le travail d’un autre. Aujourd’hui, je pense que l’on est forcement influencé par ce que l’on a pu voir, entendre, vivre et que nous sommes des éponges. Une fois pressé, l’artiste/éponge restitue un travail plus ou moins personnel. Dans mon cas, j’essaie d’être le plus sincère possible et de ne pas adapter mon travail aux goûts du public.

Quels sont vos projets pour la suite ?
Je viens tout juste de terminer une oeuvre commencée il y a huit ans : Microtus arvalis. Pièce constituée de plus de 30 000 dents de micromammifères (campagnols, mulots, souris, musaraignes, etc…), au format 80x125cm (Image 3). Je travaille également depuis quelques mois sur un autre support : le papier. L’os n’est pas absent tout de même, puisque réalisé à partir d’une matrice en os, je crée des petites séries numérotées d’empreintes en pâte à papier. Je continue à travailler avec quelques galeries mais je participe aussi à de nombreuses expositions d’art contemporain à travers la France. Je suis exposé actuellement aux galeries Art Jingle (Paris) et PromenArts (Ile de Ré).

Suivre Guillaume ALLEMAND : 

Jane Valude
janevalude@gmail.com

Administratrice et rédactrice en chef du site PausArt.



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